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Aujourd'hui, voilà ce qui se passe en Grèce. En Grèce, les mères abandonnent leurs enfants parce qu'elles n'arrivent plus à les nourrir. En Grèce, les migrants sont arrêtés par milliers dans de grandes rafles de rue et emmenés dans des centres de rétention d'où ils sont renvoyés sans un sou dans des pays en guerre.

En Grèce, des enfants affamés livrés à eux-mêmes sillonnent par trois ou cinq les grandes rues hostiles de la capitale, quémandant pièces ou bouts de pain en échange d'un paquet de mouchoir ou d'une mélodie à l'accordéon. En Grèce, des dizaines de milliers de foyers ont leur électricité coupée, faute de ne pas avoir payé des factures exorbitantes.

En Grèce, il n'y a plus ni médicaments dans les hôpitaux, ni livres d'étude dans les écoles ; ni personnels dans les foyers d'accueil, ni nourritures abordables dans les supermarchés. En Grèce, les gens meurent, de faim, de froid, de drogue, de solitude, de répression, de désespoir, de misère.

Aujourd'hui, ce qui devient un dernier point d'arrivée en Grèce est le nouveau point de départ ailleurs. Et vont suivre la même chute infernale pour tous et chacun, étape par étape, graduellement ou en accéléré, imposée par les nécessités propres des puissants, de cette crise, de ce monde en crise, du capitalisme.

Mais aujourd'hui, en Grèce, le peuple refuse. De s'organiser par eux-mêmes. De se confronter à la police. D'occuper leurs lieux de travail. D'occuper et paralyser mairies, hôtels de ville et préfectures. Contre les nécessités propres des puissants, de cette crise, de ce monde en crise, du capitalisme.

En ces journées décisives se joue en Grèce un basculement. Le peuple grec, dans la réalité humaine et vivante de notre monde, qui n'est pas statistique ou équilibre financier, mais réel. Celui de devoir se nourrir, nourrir ses proches, nourrir ses enfants. Celui de devoir se loger, loger ses proches, loger ses enfants. Celui de devoir se soigner, soigner ses proches, soigner ses enfants.

Celui de devoir se vêtir, vêtir ses proches, vêtir ses enfants. Celui de devoir s'éduquer, éduquer ses proches, éduquer ses enfants. Celui de vivre et non survivre, pour soi, ses proches, ses enfants. La nécessité humaine et de la vie n'est pas celle de la puissance financière. La nécessité humaine et de la vie n'est pas celle du capitalisme.

Notre nécessité à nous, hommes, femmes, simples, anonymes, sans autre ambition de n'être que ces hommes, ces femmes, simples, anonymes, sans autre pouvoir que celui de pouvoir avoir des enfants et les chérir, les nourrir, les loger, les éduquer ; cette nécessité et cette volonté, cette création et ce partage, n'appartient qu'à nous.

Notre nécessité d'hommes et femmes simples et anonymes est celle obéissant à notre réalité humaine et vivante. Aujourd'hui, en Grèce, des hommes, des femmes, simples, anonymes, veulent défendre leur humanité et leurs vies. Aujourd'hui, en Grèce, des hommes, des femmes, se battent pour cela. Un homme, une femme, qui veut vivre aujourd'hui en Grèce, est un homme combattant, une femme combattante.

Pour soi, ses proches, ses enfants. Des hommes, des femmes, simples, anonymes, se battent, par centaines, par milliers, par centaines de milliers. Descendent dans la rue. Occupent leurs lieux de travail. Font grève des loyers et des factures. Occupent et paralysent les lieux de pouvoir. Constituent des Comités de Quartiers. Envahissent et occupent des immeubles vides.

Occupent les hôtels de ville. Laissent les banques s'effondrer. Tentent de s'auto- organiser, de se réapproprier de manière autogestionnaire leur outil de travail. Et des personnes meurent, des jeunes meurent, des mères meurent, des chômeurs meurent, des migrants meurent, des enfants meurent. Le peuple meurt de faim, de matraques, de froid, de grenades explosives, de solitude, de lacrymogènes asphyxiants, de désespoir, de voltigeurs.

Qui ont vaincu et régné sur la répression de révolutions et la mort de peuples entiers. Et un premier régime fasciste vainqueur de la mort d'une révolution et d'un peuple entier justifie la victoire et le règne de tous les régimes fascistes.

Franco a vaincu et régné sur la mort de la vague révolutionnaire de en Espagne. Hitler, Pétain, Mussolini, Staline ont vaincu et régné par la victoire et le règne de Franco. Le fascisme européen a vaincu et régné sur le fascisme espagnol, qui fut le dernier à mourir. Et aujourd'hui, de nouveau, plus que jamais, ils font de l'écrasement de la révolte et la mort du peuple grec la condition nécessaire pour la victoire et le règne du fascisme en Grèce.

Si le fascisme vainc et règne en Grèce, les régimes fascistes vont vaincre et régner dans toute l'Europe. Le combat des hommes, des femmes, simples, anonymes, grecques est le combat de tous les hommes et de toutes les femmes, simples, anonymes, d'Europe et au-delà. Le combat du peuple grec est le combat de tous les peuples d'Europe et au-delà. Laisser écraser la révolte du peuple grec et sa mort est laisser écraser toute possibilité de révolte des peuples d'Europe et au-delà, et permettre leur mort.

Laisser la victoire du fascisme en Grèce, c'est laisser la victoire du fascisme dans toute l'Europe. Et la révolte grecque, seule, isolée, abandonnée, comme le fut la révolution espagnole en , sera réprimée, écrasée, exterminée. Être solidaire et combattre pour le peuple grec, c'est être solidaire et combattre pour tous les peuples d'Europe, pour tous les hommes et toutes les femmes, simples, anonymes, d'Europe.

Nous nous adressons à tous et chacun, de ceux qui cherchent du travail ou en ont un, de ceux qui veulent s'en sortir ou qui croient s'en être sortis, de ceux qui craquent dans les Pôle Emploi ou craquent de leurs conditions de boulot, de ceux qui n'ont pas le temps de rêver ou de ceux qui n'en peuvent plus du rêve marchandisé, de ceux qui galèrent déjà à nourrir leur famille ou de ceux qui n'osent pas avoir d'enfants en ayant déjà du mal à se nourrir eux-mêmes, de ceux pris dans la routine sans fin du travail ou de ceux pris dans la routine sans fin de la recherche de travail, de ceux à qui on reproche de vivre au-dessus de leurs moyens ou de ceux qui n'ont pas du tout de moyens ni de vie, de ceux qui n'ont pas de travail en étant sur-diplômés ou de ceux qui n'ont pas de travail sans aucun diplôme, à tous et chacun donc qui veulent s'en sortir et vivre avec le minimum de décence.

Nous nous adressons à tous et chacun, effrayés ou ignorants de ce monde qui s'embrase, sympathisants ou fuyants de ce monde qui s'effondre, assommés de mots quotidiens martelés par des gens inconnus derrière l'écran de la télé d'Etat, tels "crise", "sécurité", "stabilité", "catastrophe", "chômage", "insécurité", "urgence", "désastre", "économie", "bourses", "marchés", qui s'alternent dans l'indifférence médiatique avec "football", "stars", "people", "nouvel écran plat". A tous ceux qui n'ont pas le temps de parler avant qu'on parle à leur place.

A tous ceux qui n'ont pas le temps de vivre avant qu'on les détermine à leur place. A tous ceux qui craquent et à qui on parle comme des enfants attardés. Depuis et les nouvelles offensives, toujours plus violentes, du Capital à travers le monde, de nouveaux élans de résistance populaire se confrontent à la bourgeoisie régnante et à l'Etat répressif. La spirale des troubles et de cette guerre de classe a commencé dans le "monde arabe" avec les révolutions en Tunisie, Egypte, Lybie, Bahrein, Syrie, qui continuent encore.

Pour balayer tous leurs ennemis. A mesure que la crise et la casse sociale s'aggravent, des villes s'embrasent et la révolte s'étend. En huit mois, de l'été au printemps , les capitales européennes des pays les plus touchés socialement ont brûlé: Londres du 6 au 11 août , Rome le 15 octobre , Athènes le 12 février , Barcelone et Madrid le 29 mars La grève générale illimitée reste la première arme révolutionnaire de notre classe.

C'est la seule arme qui peut faire changer la peur de camp: Il n'y a pas de "vous", il n'y a pas "les autres", il n'y a pas "c'est la vie", il n'y a pas "là-bas", il n'y a pas "de toute façon", il n'y a qu'un nous. Nous qui travaillons et galèrons, nous à qui "les fins de mois" est une question quasi- existentielle, nous qui sommes des hommes, des femmes, simples, anonymes, qui voulons avant tout nous en sortir. Nous qui voulons avant tout nous nourrir, nous loger, nous vêtir, avoir des enfants sans nous sacrifier ni les sacrifier.

Et nous sommes ces hommes, ces femmes, simples, anonymes, avant d'être des "clients", des "élèves", des "ménages", des "citoyens", des "consommateurs", des "actifs", des "inactifs", et nous avons des conditions de vie communes. Pour combler nos nécessités humaines, pour nous vêtir, nous loger, nous nourrir, subvenir nos enfants, nous devons travailler ou chercher du travail.

Notre quotidien, nos conditions de vie sont communes: Ceux sans travail n'ont droit ni à se loger, ni à se vêtir, ni à se nourrir, ni à subvenir ces enfants. Nous, c'est tous ceux qui se sont posés au moins une fois la question "comment s'en sortir?

Dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque pays, sur chaque continent, nous sommes la masse innombrable qui nous posons au moins une fois la question "comment s'en sortir? Et dans chaque ville, dans chaque pays, sur chaque continent, il y a une poignée de personnes qui ne se sont jamais posés cette question. Ils sont riches, l'ont toujours été et ne se posent que leur seule question possible: Cette poignée de personnes, nous ne les croisons jamais dans notre quotidien, ils ne font pas partie de nos vies.

Pourtant ce sont eux qui déterminent selon leurs nécessités propres et leur seule question toute la réalité quotidienne de nos vies. Ce sont les grands propriétaires, les PDG, les grands patrons, les multinationales, les directeurs banquiers, les chefs d'Etat, les ministres, les députés, les sénateurs, les préfets.

Tous ceux-ci étant au service exclusif de ceux plus riches et plus puissants encore, les décideurs du monde, les décideurs du sort de la planète et de peuples entiers, et de nos vies particulières. Ces décideurs sont encore plus invisibles, n'ont ni nom ni visage, et ont créé toutes sortes d'instance en abréviation pour augmenter leur puissance et leur richesse, ces instances qui n'ont de sens réel pour nous que comme abréviation: Il y a nous, la classe des exploités.

Il y a eux, la classe des exploiteurs. Et il n'y a de rapport entre ces deux classes qu'un rapport de guerre. Nous sommes ceux qui dès l'enfance parfois se demandent "comment s'en sortir", et ils sont ceux qui décident à notre place comment nous devons vivre et déterminent comment, à notre place, "s'en sortir". Selon leurs critères, leurs nécessités, leurs exigences: Et à partir de là calculer, investir, écraser. Ces critères, ces nécessités, ces exigences, ne sont pas les nôtres.

Et à partir de là rencontrer, voyager, aimer. Nous sommes ceux qui "sont payés", ils sont ceux qui "payent"; nous sommes ceux qui construisons, ils sont ceux qui se pavanent; nous sommes ceux qui produisons, ils sont ceux qui se goinfrent; nous sommes ceux qui travaillons, ils sont ceux qui se dorlotent; nous sommes ceux qui tenons le plateau, ils sont ceux qui se servent; nous sommes ceux qui cirons leurs chaussures, érigeons leurs palaces, gérons leurs dossiers, récurons leurs chiottes, administrons leurs rendez-vous, rédigeons leurs mémoires, médiatisons leurs débats, assurons leur sécurité, produisons leurs intérêts, suons leurs richesses, votons leurs puissances, applaudissons leurs discours, remercions leurs promesses, attendons leurs patiences, craignons leurs décisions, espérons leurs clémences, louons leurs propriétés.

Nous sommes ceux qui travaillons, ils sont ceux qui décident, décrètent. Nous sommes ceux qui sommes licenciés, ils sont ceux qui le décident. Nous sommes ceux qui créons la richesse, ils sont ceux qui nous la confisquent. Nous sommes ceux qui construisons des maisons et des appartements, ils sont ceux qui les achètent. Nous sommes ceux qui payons des loyers, ils sont ceux qui décident de leur montant. Nous sommes ceux qui travaillons la terre et le pain, ils sont ceux qui les détiennent.

Nous sommes ceux qui payons la nourriture, ils sont ceux qui décident des tarifs. Nous sommes ceux qui rendons possible la grande distribution, ils sont ceux qui décident des prix. Nous sommes ceux qui utilisons les transports en commun, ils sont ceux qui les rendent payants. Nous sommes ceux qui étudions, ils sont ceux qui décident du contenu et de la valeur des études. Nous sommes ceux qui allons à l'école, ils sont ceux qui décident du contenu et de la valeur de l'éducation.

Nous sommes ceux qui allons dans les hôpitaux, ils sont ceux qui décident des moyens et de la valeur de la santé. Nous sommes leurs esclaves-salariés. Les lois du Capital et de ceux qui le détiennent, la bourgeoisie, ont fait de nous depuis plusieurs siècles leur main d'oeuvre, un prolétariat. Ils sont ceux qui détiennent les armes, nous sommes ceux qui les appréhendons.

Ils sont ceux qui construisent les prisons, nous sommes ceux qui les remplissons. Ils sont ceux qui créent les frontières, nous sommes ceux qui les subissons. Ils sont ceux qui licencient, nous sommes ceux qui nous prenons des lacrymos pour oser l'avoir refusé. Ils sont ceux qui décrètent les guerres, nous sommes ceux qui y mourront. Ils ont le monopôle de la violence et du jugement, nous n'avons que le droit d'être violentés et jugés. Ils nous divisent entre "violents" et "non-violents" alors que ce sont eux qui ont matraques et gaz pour nous réprimer tous.

Leur violence est légale, la nôtre est légitime. Leur justice emprisonne, notre justice soude et libère. Leurs polices servent de justice, leur justice sert de paix. Si telle est leur justice, il n'y a pas de paix, mais qu'une terreur policière qui protège les riches.

Si telle est leur paix, la police est partout et la justice nulle part. Toute révolte est juste si elle ne se trompe pas d'ennemis. L'ennemi n'est pas le "pauvre", "l'arabe" ou la "banlieue" mais le riche et le puissant qui ont créé la pauvreté et le ghetto-banlieue et qui ont choisi d'y enfermer toute personne de couleur et anciens colonisés pour maintenir la division. Avant d'être arabe, noir, blanc, nous sommes des gens qui voulons nous en sortir, soumis au même sytème qui créée de la peur entre nous pour se faire oublier.

Le racisme est une arme des puissants, des riches et de l'État. Eux qui construisent les murs qui nous divisent et les impasses qui nous bloquent, les barbelés périphériques qui nous séparent et les polices qui nous sélectionnent.

La seule violence est celle de la puissance financière qui décide de nos vies. La seule violence est celle de l'Etat qui décide de notre valeur. La seule violence est celle de la police qui décide de notre "paix". Face à cela, toute notre résistance ne sera que défense et autodéfense.

Seuls l'État et le Capital anticipent notre colère, nous qui avons du mal à anticiper notre propre misère. Ils se dotent de toutes les armes possibles, qui tuent et assassinent de manière "non létale". Des lycéens perdent leurs yeux sous les balles en caoutchouc pour défendre leurs études, des "banlieusards" perdent leurs vies accusés d'être pauvres de couleur et "ex"-colonisés, des sidérurgistes perdent leur dignité par les coups de matraque pour défendre leur emploi, des personnes âgées et des enfants se font gazer pour défendre le droit à la retraite.

Guerre de classe, et nécessité fait loi. Nécessités humaines et naturelles contre nécessités économiques de profit et de puissance. La "démocratie représentative" est le nom donné par les puissants à un système où les règles du jeu et ses cartes sont détenus par les riches et les puissants. Et nous qui cherchons à nous en sortir dépendons des cartes sociales que les riches veulent bien nous distribuer. Mais ce sont toujours eux qui les distribuent.

Ce ne sont pas les cartes qu'il faut changer, mais le jeu lui-même. Parce que nos vies et celles de nos enfants ne sont pas un jeu. A nous de faire en sorte que les riches ne jouent plus avec nos vies selon leurs propres joker et leurs propres bonus. C'est eux qui décident de la case de départ et de la case d'arrivée de chacun d'entre nous, et nous sommes condamnés à respecter les parcours qu'ils nous distribuent. Soyons notre propre case de départ et notre propre case d'arrivée à la fois, soyons notre propre parcours, éjectons les riches et les puissants du jeu.

Notre monde n'est pas le leur, nos nécessités ne sont pas les leurs, nos envies et nos besoins ne sont pas les leurs.

Déterminons nous-mêmes nos propres vies. Les "élections démocratiques et représentatives" sont l'illusion à nous faire changer de couleur. Le "pic" peut devenir "carreau" ou "trèfle", les cartes restent les mêmes, et ce sont toujours les mêmes qui les détiennent.

Et nous sommes leur mise, leur gain, leur enjeu. Leurs principales armes pour nous faire accepter leur diktat financier sont la peur et le chantage. Peur de la banlieue, peur de l'autre, peur d'être solidaire, peur de se défendre, peur de faire grève, peur d'étudier sans travail au bout, peur du chômage, peur de son patron, peur d'avoir peur.

La crise créée de la peur, elle est la peur, se veut notre peur pour avancer et imposer ses mesures. La question s'est posée en Tunisie, en Egypte, en Lybie, en Syrie, elle se pose aujourd'hui en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, commence à se poser en France et aux Etats-Unis, et finalement est la question que nous nous posons tous: Pour ne plus avoir peur, il faut que la peur change de camp.

A la finance d'avoir peur de notre colère, aux puissants d'avoir peur des sans-travail, aux policiers d'avoir peur de notre solidarité.

Nous avons l'impression d'être dépassé, de ne plus comprendre ce qui se passe dans nos vies, de devoir se fier et avoir confiance en ceux qui détruisent nos vies pour qu'ils la protègent, mais la seule réponse à nos angoisses et notre urgence est le rapport à notre histoire, notre propre histoire, notre histoire de classe qui est une histoire de lutte et de combat.

L'histoire n'est pas celle des chefs d'Etat ou des "grands noms", des "grands hommes", l'histoire n'est pas celle des dominants et des puissants, elle est faite et se fait toujours par les petites gens, les anonymes que nous sommes, les hommes et femmes simples que nous sommes fiers d'être.

Les Tunisiens et les Egyptiens nous l'ont montré, et aujourd'hui ce sont les puissants qui ont peur "des gens", de ces gens qui font leur propre histoire, qui veulent leur propre victoire. Et ils ont peur que nous soyons l'écho, l'onde de choc en Europe des secousses tunisiennes, égyptiennes, lybiennes et syriennes.

Un appel de solidarité internationale. Entre les hommes, les femmes, simples, anonymes. Ceci est un appel au combat. Avec et pour le peuple grec assassiné. Avec et pour tous les peuples. Un appel à descendre dans la rue, occuper les lieux de travail, faire grève des loyers et des factures, occuper et paralyser les lieux de pouvoir, constituer des Comités de Quartiers, envahir et occuper les immeubles vides, occuper les ministères, les hôtels de ville, les mairies, laisser les banques s'effondrer, assiéger le Parlement.

Par dizaines, par centaines, par milliers, par centaines de milliers. Les nôtres, ceux de chacun, ceux de tous. Pour tous les hommes, toutes les femmes, simples, anonymes, et contre leurs patrons, leurs polices, leurs menaces, leurs chantages, leurs puissances, nos seules armes sont la solidarité, la détermination, l'auto-organisation par et pour nous-mêmes. Nous sommes notre propre nécessité, notre propre ambition, notre propre pouvoir.

De l'indignation à la révolte, de la révolte à l'émeute, de l'émeute à la grève sauvage émeutière, de la grève sauvage émeutière à l'insurrection. Désormais nous avons compris, et nous n'avons plus peur: Nous ne comptons que sur notre propre force, sur notre propre capacité à organiser nous-mêmes nos vies, sur notre propre solidarité.

L'insurrection ne sera ni "civique" ni "citoyenne", elle est confrontation de classe. Nous sommes non-violents avec ceux qui sont non-violents avec nous, mais nous revendiquons l'autodéfense par tous les moyens nécessaires contre toute violence à notre encontre.

Cette violence est permanente, quotidienne, omniprésente, c'est la violence capitaliste. Se confronter à la police ou bloquer une entreprise relève de l'autodéfense contre la violence de licenciements de masse ou de hausse des factures. Bloquons leur économie et que la peur change de camp, comme lors du blocage des raffineries à l'automne Réapproprions-nous nos outils de travail quand ils veulent les fermer, créons des Assemblées de Quartiers et développons la démocratie directe, la seule à laquelle nous aspirons.

Pour reprendre nos vies en main, ici, maintenant, nous-mêmes. Là où nous vivons et travaillons. Exproprions les richesses qu'ils nous ont volé, créons des Comités d'Autodéfense de Précaires et Chômeurs. N'attendons pas d'être pris dans l'urgence comme le sont les peuples grecs et espagnols aujourd'hui.

Le désastre, nous y sommes déjà et il ne fera que s'aggraver, et arriver. Alors que capitalisme, crise et désastre sont déjà là. Cette impression commune que le ras-le-bol, la révolte, l'explosion, vont arriver. Alors que ras-le-bol, révolte et explosion sont déjà là. S'indigner ou prendre acte. Tout de nous, rien d'eux. I — Misère des élections présidentielles. Ils proposent chacun une gestion un peu différente de notre prison: En partant du Printemps , Paris, Il apparaît en effet comme de plus en plus évident que tous et toutes sont portés par une commune vision du monde.

On cherche malgré tout à nous vendre un candidat comme marchandise performante, dans un mauvais spectacle déprimant de vacuité se répétant à chaque campagne présidentielle. Pourtant, aucun changement réellement positif ne peut venir des urnes: Quelles options se proposent à nous à chaque élection, et notamment celle-ci?

Un libéralisme social-démocrate dégoulinant de renoncements, de mensonges et de sang. Il y a là une contradiction insoluble. Mais cette contestation vaine nous révèle quelque chose. À parler leur langage nous nous rendons impuissants. Impuissants car condamnés à la répétition du même. En conséquence, des contingents toujours plus importants de ces populations se sont enfuis vers des centres en moins piètre état. Les policiers peuvent légalement fouiller, frapper ou encore séquestrer dans un commissariat des individus, contrairement aux autres citoyens.

Schuurman, Le travail est un crime, Il paraît que tout le monde aime la liberté. Pourtant, la plupart des gens considèrent aussi le travail comme une valeur fondamentale, à inculquer aux jeunes, un devoir et un droit à préserver.

Son terme cousin, travail, a lui pendant longtemps exprimé les idées de tourment, de peine et de fatigue. Travailler pour exister, exister pour travailler. Il est notre droit de nous loger, de nous nourrir, de nous vêtir, il est notre droit de vivre. Et alors même que le capitalisme, qui a besoin de cette frénésie du travail pour exister, produit des ravages de plus en plus visibles à tous les niveaux de nos existences, dans des régions toujours plus étendues et pour une durée toujours plus longue, le travail demeure un horizon indépassable pour la conception de notre existence.

Nous sommes tellement empêtrés dans cette religion du travail qui est, comme toute religion, une organisation du mensonge que nous ne réalisons pas que nous passons notre vie dans un gigantesque camp de travail. Que même quand nous y échappons pour un moment nous passons notre temps à faire travailler les autres, par la consommation de biens et de services. Nous aimons nous voir comme des personnes indépendantes et libres qui vaquent à leurs occupations, quand nous sommes en réalité des travailleurs forcés de rejoindre leur poste.

Pourtant, tout le monde aime la liberté, on vous dit. A quelques exceptions près donc, travailler est une horrible chose qui débouche sur une immense accumulation de souffrance. Que les plus raisonnables se rassurent: Ceux qui pensent le contraire ne doivent vraiment pas beaucoup aimer la liberté. Le monde, ou rien. Le statu quo est tout aussi immonde. Et les médias jouent parfaitement leur rôle, faisant planer une menace diffuse, pluridirectionnelle et omniprésente, implantant jour après jour la peur dans chaque conscience, avec une abnégation remarquable.

Que dans ces moments de lutte se tissent des liens, naissent des amours, émergent des projets communs, se créent des communautés de résistance. Nous voulons faire autre chose que travailler. Nous voulons vivre autre chose que cette survie, cette sous-vie. Nous voulons habiter autre chose que ce taudis. Nous voulons créer autre chose que cette destruction.

Le capitalisme façonne des subjectivités à son image et selon sa logique: Les révoltes de la vie ont transformé, transforment, transformeront nos subjectivités, avant même que dans une société nouvelle, de nouvelles vies émergent de nouvelles subjectivités. Nous souffrons de devoir obéir à des impératifs absurdes, avilissants, destructeurs. Nous souffrons de devoir exécuter ces impératifs dans des conditions éprouvantes, voire dangereuses.

Nous souffrons de cette activité indifférenciée, absurde, destructrice. Nous souffrons de rentrer vidés, de ne pas pouvoir vivre. Nous souffrons de souffrir seul, de devoir nous cacher notre souffrance, de nous mentir, de ne pas pouvoir parler de notre souffrance, de devoir cacher celle-ci aux autres. Comme des esclaves, nous avons une compensation, eux en nature, nous en argent. Avec ou sans proxénète, nous sommes tous des prostitué.

Nous sommes des robots travailleurs, en tchèque , des individus réduits à des machines productrices. Nous sommes soumis au capitalisme, ce Moloch insatiable, ce train aveugle écrasant tout sur son passage. Nous nous intéressons peu à la massification, les pétitions sont signées puis oubliées, les cortèges défilent et rentrent chez eux, les vitrines sont brisées puis réparées, les murs tagués puis nettoyés. Il nous faut créer. Il nous faut nous créer.

Un mouvement ouvre une brèche, crée une coupure temporelle, une rupture dans le déroulement linéaire de nos vies. De nouvelles subjectivités émergeront de ces nouvelles vies, épanouies dans une diversité non-finie du faire.

Le temps sera celui de notre vie et de ses activités, non celui des montres et du travail. Les communes seront, ainsi, sans masculinité viriliste, celle du sujet capitaliste, insensible, impitoyable, suprémaciste, et sans féminité soumise, subordonnée, dissociée. Elles seront, de même, sans sujet colonial, raciste, dominateur, exploiteur, et sans sujet indigène, racisé, dominé, exploité.

Au niveau des techniques, nous détournerons des techniques détournables, nous détruirons des techniques indétournables bombes nucléaires, centrales nucléaires, etc. Ce sera notre monde, ou rien. Ce ne sera pas ce monde de mort, mais la mort de ce monde. Crevons cette société morbide, moderne, capitaliste, colonialiste-raciste, patriarcale, étatiste, hétéronome, hiérarchique, totalitaire.

Créons une société vivante, nouvelle, non-marchande, égalitaire, libertaire, autonome, horizontale, plurielle. Créons une vie de désir, cette vie que nous désirons, que nous décidons. Soyons résolus à ne pas mourir, et nous voilà vivre.

Ce sera notre histoire, cette fois. Cette société nous offre seulement une lutte pour la survie de base dans laquelle nous ne sommes rien sauf une force de travail et des consommateurs. Les vêtements de marque, les nouveaux téléphones mobiles et les écrans plasma, les voitures en leasing et les prêts hypothécaires, les sorties du samedi soir, les émissions de télé et les idylles familiales dans les centres commerciaux seront-ils des produits de substitution suffisant pour une vie vraiment humaine?

Est-ce tout ce que nous désirons vraiment et ce dont nous avons vraiment besoin? Nous vendons notre temps et notre énergie, notre force de travail, à la classe des bourgeois qui possèdent les moyens de production. Quel que soit ce que nous gagnons, dès que nous avons dépensé notre salaire, nous devons à nouveau nous précipiter au travail.

Nous vendons notre force de travail comme une marchandise à des patrons individuels et aussi à la bourgeoisie toute entière, et dès lors ce sont eux qui la contrôlent, qui la possèdent et qui en profitent vraiment. Toute la société nous est étrangère: Par conséquent, la dictature du Capital règne aussi en dehors du travail. Les loisirs que nous cherchons en font partie. Notre travail est une marchandise comme aucune autre: Le profit est réinvesti dans des moyens de production, dans la production de nouveaux capitaux qui tous sont la propriété contrôlée, possédée et vendue par les bourgeois.

Les citoyens atomisés, qui parviennent à une unité artificielle à travers une sphère séparée de politique nationale, sont une caractéristique commune des États parlementaires, staliniens, fascistes ou même islamistes. Ce sont là des organisations de la bourgeoisie en tant que classe, qui se développent à partir des rapports sociaux de la société de classe.

Comme tels, ils doivent être détruits et non pas réformés. Par conséquent, les prolétaires luttent contre toutes les formes du gauchisme: Nous combattons pour une libre auto-organisation égalitaire.

Maintenant que nous sommes remontés à la racine du syndrome, nous allons commencer à comprendre que les tableaux ont des points communs. Pourtant, avec un soupçon de conscience, peut-on se réjouir de la guerre? Or la guerre est toujours triste et la victoire jamais acquise, et dans toutes les hypothèses, jamais pour les deux protagonistes à la fois. Le travail culturel est donc passé par là pour nettoyer le chemin vers la guerre.

Voici les liens qui apparaissent entre le champ de bataille boueux et un capitalisme tout aussi crasseux. Pourquoi partir si joyeusement à la guerre capitaliste? Et peu importe si la promesse est bidon en réalité, elle est une croyance quasi religieuse, un dogme, une norme. Cet écran qui verse sans discernement des images de tous types, informations, désinformation, séries, publicités, divertissements, et ce, 24h sur 24h. La recherche insatiable du plaisir nous fait nous détourner du sens des champs de batailles capitalistes qui détruisent la nature et la vie en notre nom pour produire nos objets pour la plupart inutiles et polluants.

Nous avons à loisir le choix entre des objets censés assouvir nos frustrations existentielles et des spectacles sur écrans qui nous divertissent. Dans le monde réel on ne peut pas quitter le champ de bataille. Bienvenue dans la réalité. Revenons à la guerre économique.

Nous sommes alors enchaînés à la réalité de cette bataille économique où nous comprenons que tout ce à quoi nous avons cru nous est maintenant infernal, insupportable, car nous perdons tout nos repères, nos espoirs, nos croyances devant la réalité nue.

Où sont les promesses? Qui payera les crédits? Où sont passé les jours meilleurs qui justifiaient mon sacrifice quotidien au travail 8 heures par jour? Sans travail qui suis-je?

Sans argent qui suis-je? Qui suis-je hors de la norme? Et le cancer contracté au travail à respirer des effluves toxiques, qui est responsable maintenant? Et ma femme, et mon mari qui se détourne au moment difficile de la vie sans travail? Absent à soi-même au milieu du champ de bataille économique, le chaos comme seule référence existentielle. Ce désastre ne nous apparaît malheureusement que lorsque nous sommes touchés directement, ce moment où nous sommes exclus de la norme du travail et de la consommation.

Sans parler des fumées toxiques des usines qui produisent à la chaîne des objets industriels toujours nouveaux qui viennent titiller le désir sans fin de nos regards sans vie rivés à la lueur électrique sur nos écrans bariolés. Les écrans publicitaires nous font avaler cette agriculture comme des aliments qui sont des ersatz depuis longtemps sous de fausses promesses trop sucrées, trop salées et trop grasses.

Nous savons maintenant ce que valent les promesses capitalistes. Du plaisir frelaté qui empoisonne la vie sous toutes ses formes. Qui décide la norme? Qui orchestre la promesse de cet avenir radieux de plaisirs empoisonnés?

Inventer une nouvelle culture commune où la vie et son expansion sous toutes ses formes sera centrale. Vivons de peu, ensemble et avec joie. En quittant le champ de bataille, en nous détournant de la norme car tout est à inventer. Une sorte de mimétisme collectif organisant une norme qui devient dogme, une quasi religion impossible à remettre en question.

La Terre ne pourra supporter encore bien longtemps la guerre que nous lui faisons et qui prend maintenant un tour tragique. Il est question de notre cadre de vie, le cadre réel de nos existences au moment où nous quittons les écrans des yeux pour vivre pour de vrai.

Qui peut discuter devant la vague de 10 mètres de haut? Pas même une centrale nucléaire? À quoi sert de voter si la couche atmosphérique est trop fine pour nous protéger du soleil durablement, nous promettant un cancer de la peau mondial, ou des rayonnements que nos organes internes ne pourraient supporter? Ces personnes surpuissantes et immensément riches forment le symbole monstrueux et hypertrophié du capitalisme.

Elles sont les inventrices de la croyance dogmatique dans la science et la technique pour un soi-disant avenir radieux qui forme des montagnes de déchets ingérables. Projetons le nouveau champ de bataille et que voyons-nous? Des robots, mais pour se battre contre qui? Pour finir immanquablement à nouveau dans la boucherie commune faute de robot.

Pourtant la question à résoudre depuis la nuit des temps reste inchangée: La bataille économique prend la même tournure, et sur le champ de bataille sont entrés les robots.

La question que nous devrions donc tous nous poser est: Le microcosme élitiste mondial a-t-il encore besoin de travailleurs finalement? Probablement que non, les robots suffiront. Autant dire tous les attributs de la guerre. La trajectoire de nos sociétés collectives délirantes reste invariablement inchangée. Ne remplaçons plus, réparons, faisons de peu.

Revenons à la vie réelle. Développons le zéro déchet comme trajectoire et comme indicateur de respect de la vie. Cultivons nous, apprenons des grands penseurs humanistes et reliés à la vie, produisons la nouvelle culture commune vivante, indépendante du capital, reliée les uns aux autres et au vivant.

Nous ne pouvons et ne devons compter que sur nous-mêmes et nos propres capacités à renverser ce monde et ses contradictions internes ô combien meurtrières! Ils refusent de gérer leur troupeau par ordinateur et de se conformer aux nécessités de la production industrielle, comme la traçabilité. Mais pour les humains que nous sommes encore, loin de mettre un terme aux travaux pénibles, ce processus est le progrès de notre dépossession.

Elle nous oblige à saisir des données. Elle produit ensuite des statistiques et des algorithmes pour découper, standardiser et contrôler le travail. Bien souvent, ce sera les deux. Les machines deviennent nos seuls interlocuteurs.

Mettre en valeur les savoir-faire autonomes et le temps de leur élaboration est devenu une lutte quotidienne. La préténdue dématérialisation consacre en fait la surexploitation des ressources: Nous constatons que les syndicats ont renoncé à le faire.

Nous voulons continuer à nous soutenir dans nos luttes en affirmant des choix communs et en coordonnant nos actions publiques: Non seulement ceux qui nous critiquent, mais aussi des lecteurs et de proches camarades ont été surpris que nous insistions une fois de plus sur le léninisme, le bolchevisme, le stalinisme Le léninisme est utilisé non seulement par les staliniens, les trotskystes, les zinoviévistes, les gramsciens On nous dira que ce dualisme est essentiel à toutes les formes de domination capitaliste et que ces dernières ne sont pas le fruit du léninisme, ni de la social-démocratie.

Néanmoins, en tant que prolétaires exploités en lutte contre le capital et ses États, ce sont les formes précises dans lesquelles cette domination se structure qui nous intéressent au premier plan, et plus particulièrement les formes de domination destinées aux prolétaires conçues pour canaliser ceux qui se battent contre cette société.

Le raffinement suprême dans la liquidation de la force révolutionnaire est précisément sa transformation historique et son embrigadement dans le front unique, puis le front populaire, le front national et, pour finir, sa soumission à la guerre impérialiste et son massacre généralisé. Les physionomies ou appellations peuvent varier mais toutes les formes de domination et liquidation du prolétariat autonome utilisent les bases de la social-démocratie et leur perfectionnement effectué par Lénine et ses différentes et nombreuses variantes.

Ceci est la conséquence logique du programme de développement du capitalisme appliqué dès le début par Lénine et les siens: La traduction exacte du terme Tcheka est: Dès la création de la Tcheka en décembre , sous la direction de Dzerjinski ex-S. Les camps de travail forcés commenceront à fonctionner dès , année où plusieurs camps sont créés.

En , la direction de la police politique en contrôlera cinquante-six. Lors du second anniversaire de , la Pravda écrit fièrement: La première grande rafle aura lieu dans la nuit du 11 au 12 avril contre des organisations qui se définissent anarchistes, et surprendra par une dureté inusitée. Lors de cette rafle, plus de 1. Le nombre de tchékistes passera de en décembre à Si les droits des travailleurs sont remis en cause, le mouvement de contestation sociale qui vient dénoncer cette remise en cause se voit confronté à un problème d'ordre théorique et stratégique.

Des lois comme la loi El Khomri sont d'abord riches d'enseignement. D'une certaine manière, et de façon paradoxale, ce système s'auto-dénonce. Cet aveu est une aubaine: Une démonstration aussi radicale d'un mépris institutionnalisé est un appel à l'insurrection. Celui qui provoque s'attend à une réaction proportionnée à l'ampleur de la provocation. La loi El Khomri sera une ultime provocation, qui appelle une réponse à la mesure du scandale.

Il y a là plutôt un saut qualitatif qui se joue. Le système de la valeur accumulée montre son vrai visage, et il faudrait savoir saisir cette occasion. L'inconscient des agents d'entretien du système républicain est un vaste champ de ruines que nous pourrions explorer.

Ici, des idéaux de jeunesse abandonnés, des renoncements, des abdications. Une parole émerge alors, au sein de ce marasme pathétique: Et soudainement, ils nous délivrent, indirectement mais certainement, une amère vérité, que nous avions préféré ne plus voir: De même, un système qui rend possible des lois comme la loi El Khomri est un appel à sa radicale remise en cause, à sa radicale destruction. Inconsciemment, les agents d'entretien du système républicain, en proposant ou en soutenant des projets aussi scandaleusement négateurs de l'humain, savent qu'ils susciteront une réaction proportionnée: Il faudrait donc que nous puissions nous situer à la mesure du scandale.

Deux options sont à envisager dans ce mouvement de lutte contre la loi El Khomri: Les deux options, bien sûr, ne s'excluent pas mutuellement. D'abord, dans un contexte qui n'est pas encore révolutionnaire, il faut bien sûr défendre les droits des travailleurs s'ils sont menacés, dans la mesure où, tant que le capitalisme n'a pas été détruit, il faut pourtant bien vivre, et ce dans les meilleures conditions possibles.

Mais il devrait être possible aussi, et même nécessaire il me semble, de tenir ensemble les deux finalités: La focalisation présente sur la loi El Khomri qui n'est pas qu'un prétexte, mais plutôt un détonateur ne se priverait pas d'un horizon révolutionnaire, et d'un projet post-capitaliste. La loi El Khomri nous dévoile l'être du travail en régime capitaliste. Sachons retenir cette leçon.

Quelle est cette leçon? Le travail, d'abord, est en crise. La révolution micro-informatique a rendu de moins en moins indispensable le travail vivant.

Le recours massif à l'automatisation de la production, permettant des gains concurrentiels, produit une inutilité relative d'un bon nombre de travailleurs. Mais précisément, cette inutilité n'est que relative: Face à cette contradiction, le capitalisme se confronte à une radicale et irréversible dévalorisation de la valeur. Le travail, devenu inutile, se met à affirmer son irréductible nécessité. La traduction politique de cette tension inhérente au capitalisme n'est pas une ultime reconnaissance des travailleurs, mais bien plutôt leur précarisation irrémédiable, via une législation appropriée: La loi El Khomri nous dévoile l'être de l'État républicain en régime capitalise.

L'État n'est plus que le gestionnaire du capitalisme. Ses finalités productivité, compétitivité peuvent toutes être ramenées à la notion de profit profit qui concerne une infime minorité de la population. La manière dont il définit sa gestion du tout social renvoie à une façon de privilégier systématiquement un ensemble d'intérêts privés négateurs du bien-être commun.

Mais tout universel abstrait, pourtant, recouvre un particulier concret à tendance totalitaire se faisant passer fallacieusement pour le tout là où il n'est qu'une partie non représentative de ce tout. Avec des lois comme la loi El Khomri, l'État républicain nous fait un aveu: Prendre acte de cet aveu, c'est prendre acte d'un fait important: Sur ce point donc, écoutons-les, et soyons conformes à leur souhait inconscient: Le capitaliste achète des facteurs de production AM , puis voit sa valeur de départ augmenter A' dans la mesure où le travailleur a effectué un surtravail.

Dans ce procès, c'est l'argent en tant qu'abstraction quantitative qui est au départ et à l'arrivée du mouvement. Ne compte que l'abstraction en tant qu'abstraction. La finance ne produit ce qu'elle produit que parce qu'elle est dépendante d'une sphère productive en elle-même folle et absurde: Donc si l'on déplore la folie financière chose stratégiquement dangereuse , on est en train de dénoncer les catégories du travail, de la valeur, de l'argent, de la marchandise.

Elle doit créer de nouveaux points de vue. Car c'est au sein de la logique de ces catégories que se situe le point critique: Autant dire qu'il s'agirait d'embourgeoiser les prolétaires mais alors, ils ne seront plus jamais susceptibles de lutter par la suite.

Il ne remet pas en cause le système de la valeur ou du salariat, mais tend au contraire à les magnifier. Par ailleurs, en maintenant une logique étatiste, dans son utopie niaise et irréalisable, il oublie que la logique de l'État, historiquement, est celle des Etats-nations. Il n'y a pas d'étatisation sans nationalisme. Et, par ailleurs, il n'y a pas de nationalisme en dehors du cadre du libre-échange.

Les Etats-nations se sont constitués dans le cadre d'une économie de marché qui tendait à se mondialiser, dans laquelle les Etats, partenaires ou concurrents, devaient souscrire aux injonctions associées à l'accumulation de la valeur.

Il est proprement impossible, dans cette mesure, de proposer une remise en cause des règles du jeu capitaliste dans un cadre étatique, c'est-à-dire dans un cadre nationaliste. Ce ne peuvent être de tels individus, trop bien installés dans une institution qui ne voit pas en eux un bien grand danger, qui pourraient porter un discours alternatif à la mesure des enjeux soulevés par le mouvement de lutte sociale contre la loi El Khomri. Nous ne saurions non plus revendiquer l'avènement d'un nouvel Etat Providence.

Par ailleurs, l'État Providence aura tendance à purifier la logique de la valeur, soit à consolider le système économique par lequel nul contrôle humain conscient n'est possible. Pire, l'État Providence, outre le fait qu'il ne peut jamais être durable, selon une mécanique cyclique inexorable, tend à retarder la crise, et à faire oublier les aberrations et les folies qui se développent souterrainement.

Nous ne pouvons souhaiter un retour aux trente glorieuses: Des simples réformes politiques, formulées dans le langage de la politique dans le langage du pouvoir séparé de la pensée et de la pensée séparée du pouvoir ne sont absolument pas utiles.

Ce genre de projet est même pernicieux, dans la mesure où il tend à réduire le point critique à de pseudo-enjeux de souveraineté citoyenne, là où le problème se situe davantage au niveau des rapports de production.

Mélenchon, avec sa sixième République, sa nouvelle Constitution, est inepte, outre le fait qu'il développe un populisme rance, un communisme-capitaliste, et une nationalisme déguisé: Étienne Chouard, dont la pauvreté intellectuelle n'est plus à prouver, en bon confusionniste rouge-brun, mélange populisme, nationalisme, et socialisme, dans un imbroglio incongru.

Ses idées, qui se comptent sur les doigts d'une main, font non seulement l'impasse sur le matérialisme historique, mais sont en plus totalement absconses: Pourquoi ne pas relire Arendt, qui formule beaucoup plus clairement ce genre d'idées et sans l'arrière-fond fasciste et pourquoi diffuser ce genre de conneries dangereuses, qui n'aident en rien la lutte à avancer? Ces moments de contestation sont trop importants pour que nous continuions à donner la parole à de tels clowns dangereux.

A ce dont se satisfait l'esprit, on peut mesurer l'ampleur de sa perte! Je n'ai fait ici que parler en mon nom. Personnellement, j'aimerais me situer à la hauteur du scandale et de l'aveu que dévoile la loi El Khomri. Cela signifie pour moi: Cette ivresse passagère refonde et renforce une identité nationale en décrépitude. Il s'agit toujours d'une épreuve difficile où la concurrence est féroce et dont le seul but est de gagner sur les autres, la victoire à tout prix. De partout le sport est présenté comme une évidence, une activité naturelle positive.

Notre aliénation ne nous est pas perceptible. On y retrouve la hiérarchisation, la sélection de l'élite, l'obsession de la pureté, la mobilisation de masse, l'omniprésence de la propagande, la glorification de la jeunesse, le culte des forts et de la virilité, l'exaltation de l'effort, l'apologie de la souffrance, la diabolisation de la fainéantise, l'idolâtrie du surhomme, l'exacerbation des passions chauvines, nationalistes et racistes.

Le sport n'est pas un jeu, mais une activité physique fortement réglementée basée sur l'effort, le renoncement au plaisir, le travail, le rendement, la compétition, le record, le dopage et l'absolue nécessité de la victoire.

Le corps du sportif mercenaire est chosifié, transformé en chair à record, en marchandise compétitive, encaserné et drogué. Cette compétitivité sportive fonctionne à l'image du système marchand. À l'image du sport, le moteur même de la survie sociale d'aujourd'hui est construit sur la guerre des uns contre les autres, seul contre tous.

La loi de la compétition est le dogme de cette société. La compétition est une nuisance sociale où l'autre devient un obstacle à supprimer, l'ennemi à vaincre, où il s'agit de gagner en fabriquant des perdants. Quitte à tout faire pour le détruire. Le mardi 8 octobre , le général Napoléon Bonaparte débarque à Fréjus après une campagne désastreuse en Égypte. Les quatre bateaux avaient quitté Alexandrie le 22 août et fait un long détour pour éviter les navires britanniques. Les difficultés que rencontre le Directoire, livré alors aux intrigues et à la corruption, et l'enlisement des armées françaises en Égypte ont poussé l'ambitieux général à précipiter son retour en France.

Bonaparte a compris qu'il pouvait jouer un rôle de premier plan à Paris. C'est pourquoi, non sans cynisme, il abandonne son armée en Égypte, d'où la flotte anglaise de l'amiral Nelson l'empêche de sortir.

Il est auréolé du retentissement de ses victoires en Italie et en Égypte, victoires qu'il a su magnifier grâce à un art consommé de la propagande.

Son prestige en France n'a d'ailleurs cessé de croître pendant son absence en Égypte. Le débarquement de Fréjus sera pour ce jeune général de 30 ans ce que fut la traversée du Rubicon pour Jules César…. Le chef du bouddhisme tibétain, le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso 16 ans , prend acte de l'état de fait mais, neuf ans plus tard, il devra quitter son palais du Potala, à Lhassa ou Lhasa et s'enfuir à Dharamsala, en Inde.

Le 23 mai , un traité sino-tibétain intègre officiellement le Tibet à la Chine communiste, mais prévoit le respect de la religion bouddhique et des droits du dalaï-lama.

Dans les années s'opère une profonde transformation du Tibet traditionnel, qui entre dans une phase de modernisation accélérée. Mais, en , le compromis est rompu lorsque la Chine réprime un sursaut de la résistance tibétaine, contraignant le dalaï-lama à fuir le pays pour l'Inde.

L'actuelle Région autonome du Tibet, partie intégrante de la République populaire de Chine, est vaste de 1,2 million de km2, soit l'équivalent de la France et de la péninsule ibérique. Mais elle n'est peuplée que d'environ 5 millions d'habitants. La très faible densité du Tibet s'explique par la géographie. C'est le berceau de grands fleuves Brahmapoutre et Mékong. Les ressources se limitent à l'élevage et un peu d'agriculture dans les vallées et les dépressions.

L'aire de civilisation tibétaine dépasse très largement les frontières de l'actuelle Région autonome. Elle inclut les petits royaumes himalayens du Bouthan et du Sikkim. Immortalisé par le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge est connu dans le monde entier pour son french-cancan.

Du côté de la Place Blanche, le public vient en foule découvrir ce lieu extravagant: Une folle ambiance où le spectacle se déroule aussi bien sur scène que dans la salle: Tibère II Constantin devient empereur byzantin. Pendant la Première croisade, l'armée principale des croisés arrive à Coxon Göksun , où les habitants arméniens ne se montrent pas aussi amicaux que ceux de Comana.

Les croisés y restent trois jours. Découverte du Costa Rica par Christophe Colomb. Adoption du calendrier grégorien par les États pontificaux, la Pologne, le Portugal et l'Espagne. Arrivée en Europe de la mission diplomatique japonaise conduite par Tsunenaga Hasekura.

Fondation de l'Université de Kiel. Début de la discussion à l'Assemblée sur le système des impositions: Le catholicisme perd son statut de religion d'État en France. L'insurrection royaliste est écrasée par Bonaparte, à l'église Saint-Roch.

Après un long siège, les Grecs prennent Tripolitsa, dans le Péloponnèse, et massacrent la population turque, faisant au moins 8. La ville de Calcutta en Inde est presque totalement détruite par un cyclone ; Le Kansas subit le dernier hold-up commis par la bande des frères Dalton. Le prince Ferdinand Ier proclame l'indépendance de la Bulgarie et prend le titre de tsar de Bulgarie. L'Autriche annexe la Bosnie-Herzégovine.

Proclamation de la République du Portugal, sous l'autorité de Theophilo Braga. Premier duel aérien au cours de la Première Guerre mondiale près de Reims: Le dirigeable britannique R assurant sa première liaison, entre Londres et Karachi, s'écrase en Picardie, à Allonne, près de Beauvais. Les aviateurs américains Clyde Pangborn et Hugh Herndon réussissent la première traversée sans escale du Pacifique et se posent dans l'État de Washington 41 heures après avoir décollé du Japon.

Une ordonnance confirme le droit de vote des femmes en France. La charte des Nations unies est ratifiée par 30 pays. Création du Kominform, internationale communiste. Premier discours télévisé à la Maison Blanche par le président Harry S.

L'Italie, la Yougoslavie, la Grande-Bretagne et les États-Unis décident que le territoire libre de Trieste sera partagé en zones italienne et yougoslave.

Début de la Cinquième République française. Sortie du 1er disque des Beatles Love Me Do. Réunion au Caire d'une conférence des pays non-alignés, qui déclare le Congolais Moïse Tshombe persona non grata. Première émission du Monty Python's Flying Circus. Congrès constitutif du Front national. Défaite au Chili du général Augusto Pinochet au plébiscite. Remise du Prix Nobel de la paix au Dalaï Lama.

Une semaine après son coup d'État aux Comores, le mercenaire français Bob Denard et ses hommes se rendent aux soldats français. Deux trains entrent en collision à Paddington près de Londres au Royaume-Uni.

Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis subissent une nouvelle forme d'attaque, l'envoi de lettres contaminées au bacille du charbon Anthrax. Akhmad Kadyrov est élu président de Tchétchénie. L'ancien vice-président du gouvernement de Vichy, Pierre Laval, doit s'expliquer devant la haute cour pour expliquer son rôle pendant la collaboration et son alliance avec le régime nazi. Le procès se déroule à la hâte et Laval doit souffrir les insultes des jurés.

Farouche opposant de la guerre contre l'Allemagne en , Laval revient au gouvernement à la faveur de la défaite de la France en Il devient vice-président du Conseil dans le gouvernement de Vichy en juillet , et engage une collaboration active avec l'Allemagne. Gabriel Lalemant, missionnaire français, saint de l'Église catholique, canonisé par le pape Pie XI en Décédé le 17 mars Charles Démia, ecclésiastique français, fondateur d'écoles primaires à Lyon Décédé le Louis-Auguste Brun, peintre suisse Décédé le 8 octobre John Gorrie, médecin et inventeur américain considéré comme le père de la réfrigération et du conditionnement d'air Décédé le 29 juin Eleonora Duse, actrice italienne Décédée le 21 avril Pierre Bonnard, peintre, graveur, illustrateur et sculpteur français Décédé le 23 janvier Alexandre Varenne, homme politique français.

Il est le fondateur du journal La Montagne Décédé le 16 février Louis Aragon, poète, romancier et journaliste français Décédé le 24 décembre Leo McCarey, cinéaste américain Décédé le 5 juillet François Le Lionnais, scientifique et écrivain français Décédé le 13 mars Jean Lefebvre, acteur français Décédé le 9 juillet Charles Duke, astronaute américain.

Le 16 avril , lors du vol Apollo 16, il devient le 10e et le plus jeune homme à marcher sur la lune. Jean-Paul Bonnaire, acteur français Décédé le 28 mars Neve Campbell, actrice canadienne. Ingrid Chauvin, actrice française. Lena Headey, actrice britannique. Athalaric Né en , roi des Ostrogoths. Michel II empereur byzantin Né en , empereur byzantin de à François Arago Né le 26 février , astronome, physicien et homme politique français. Ernest Renan Né le 28 février , écrivain, philosophe, philologue et historien français.

Marcel Duchamp, peintre français Né le 28 juillet Dimitri Ier de Constantinople, patriarche de Constantinople depuis Né le 8 septembre Robert Bourassa Né le 14 juillet , homme politique canadien, premier ministre du Québec , puis Otto Guensche Né le 24 septembre , adjudant d'Adolf Hitler qui avait brûlé le corps du dictateur à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les Soviétiques ne puissent s'en emparer. Francis Borelli Né le 8 avril , homme d'affaires français.

Soe Win, premier ministre birman, meurt d'une leucémie Né le 10 mai Dominique Frémy Né le 5 mai , encyclopédiste français, fondateur du Quid. Eric Arturo Delvalle Né le 2 février , président de la République du Panama de 28 septembre au 26 février Elle débute le jeudi 1er octobre La dixième armée française de Louis Ernest de Maud'huy attaque la sixième armée allemande menée par le Kronprinz Rupprecht. L'offensive est un succès jusqu'à Douai.

Mais les troupes allemandes, renforcées par trois corps d'armée, lancent une contre-offensive qui renvoie les alliés vers Arras. Ceux-ci réussissent à tenir la ville mais laissent les Allemands avancer vers le Nord. Du 4 au 6 octobre, la lutte bat son plein dans la région d'Arras.

Le bombardement de celle-ci avait été minutieusement préparé. La ville subit alors de violents bombardements qui entraînent les premières destructions Hôtel de Ville et son beffroi. À la mi-novembre, après la bataille d'Ypres, le front se stabilise. C'est là que vont se dérouler de violents combats depuis l'offensive française du printemps 2ème bataille d'Artois jusqu'à celles menées par les Allemands puis les Alliés en Depuis, 15 autres pays ont adhéré à l'OCDE.

Lothaire Ier, empereur d'Occident Né en Charles de Blois, duc de Bretagne Né en René Goupil, missionnaire jésuite français et premier martyr catholique en Amérique du Nord, l'un des 8 martyrs canadiens Né le 15 mai Rudolf Diesel, ingénieur allemand, inventeur du moteur à combustion interne portant son nom Né le 18 mars Léon Bourgeois, homme politique français Président de la Chambre des députés, Ministre d'État, Président du Conseil des ministres français et ministre de l'Intérieur Né le 21 mai Stanislas-Arthur-Xavier Touchet, cardinal français Né le 13 novembre Né le 4 septembre Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat et homme politique français nationaliste Né le 12 octobre Tony Curtis, acteur et producteur américain Né le 3 juin Georges Charpak, physicien français, prix Nobel de physique en Né le 8 mars L'association est issue d'un vaste mouvement de protestation en faveur des Polonais, victimes en d'une féroce répression russe.

Son objectif est de coordonner les luttes de tous les pays. C'est un intellectuel allemand, réfugié à Londres depuis l'échec des révolutions de , qui rédige les statuts de l'Association internationale des travailleurs.

Il a 46 ans et s'appelle… Karl Marx. En , il est surtout connu des syndicalistes et des socialistes par un opuscule qu'il a publié en avec son riche ami Friedrich Engels: Une IVe Internationale, concurrente des précédentes, fait également son apparition à l'initiative de Trotski, en Elle sera très en vogue parmi les jeunes contestataires français de Mai La IIe Internationale est relayée en France par la SFIO Section française de l'Internationale ouvrière , issu de la fusion, le 26 avril , de différents partis socialistes, dont celui, réformiste, de Jean Jaurès et celui, marxiste, de Jules Guesde.

Ses compromissions dans les guerres coloniales, sous l'autorité de Guy Mollet, l'amènent, le 4 mai , à changer son nom pour celui de Parti socialiste. La Journée Mondiale du Tourisme a été célébrée à partir de , à l'initiative de l'OMT organisation mondiale du tourisme. L'objectif principal fixé par l'OMT est la prise de conscience de l'importance du tourisme du point de vue social, culturel, économique et même politique. Dans de nombreuses régions du globe, le tourisme arrive en tête des activités économiques, avec ses répercussions sur l'emploi, le brassage des populations, l'ouverture au monde et la circulation de l'information La date du 27 septembre a été retenue pour marquer l'anniversaire de l'adoption des statuts de l'OMT en Théodore Géricault, peintre français.

Bryan Ferry, chanteur britannique, cofondateur du groupe Roxy Music. Lynn Anderson, chanteuse américaine de musique country. Philippe Lavil, chanteur français.

Olivia Newton-John, chanteuse britannique. Petro Porochenko, Président d'Ukraine depuis Anthony Kavanagh, humoriste canadien. Serena Williams, joueuse de tennis américaine. Valérie Bègue, Miss France Cindy Fabre, Miss France Le dimanche 25 septembre , la paix d'Augsbourg suspend les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne.

La paix d'Augsbourg consacre la division religieuse de l'Allemagne entre catholiques et luthériens. Elle repose sur un principe fondamental: Les princes et les seigneurs étaient désormais libres de choisir, pour eux et leurs vassaux, entre les deux confessions chrétiennes. Les habitants doivent accepter de se soumettre à la confession choisie par leur souverain sans quoi ils sont contraints de quitter l'état et ils perdent tous leurs biens. Traité de Bâle marquant l'indépendance de facto des cantons suisses vis-à-vis du Saint Empire romain germanique.

L'armée suisse attaque Dijon. La ville belge de Tournai se rend aux Anglais. Début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg: Louis XIV est opposé à presque toute l'Europe. La France prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie. Le général de Gaulle constitue le Comité national français et réorganise le Conseil de défense de l'Empire.

Elle est aujourd'hui l'une des meilleures compagnies aériennes du monde. Première conférence à Londres de représentants des colonies britanniques d'Afrique.

Lancement du premier porte-avion nucléaire, le USS Entreprise. La foule saccage et incendie l'ambassade du Portugal à Léopoldville Congo.

Les maquisards afghans affirment avoir tué 1. Devant l'ampleur des critiques dirigées contre son gouvernement, le Premier ministre israélien Menahem Begin ordonne une enquête judiciaire sur les massacres dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Le prix du baril de pétrole dépasse le cap symbolique de 40 dollars.

Signature sous l'égide de l'ONU d'un accord entre le gouvernement salvadorien et la guérilla mettant ainsi fin à la guerre civile qui a fait

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Ils sont ceux qui détiennent les armes, nous sommes ceux qui les appréhendons. Ils sont ceux qui construisent les prisons, nous sommes ceux qui les remplissons. Ils sont ceux qui créent les frontières, nous sommes ceux qui les subissons. Ils sont ceux qui licencient, nous sommes ceux qui nous prenons des lacrymos pour oser l'avoir refusé.

Ils sont ceux qui décrètent les guerres, nous sommes ceux qui y mourront. Ils ont le monopôle de la violence et du jugement, nous n'avons que le droit d'être violentés et jugés. Ils nous divisent entre "violents" et "non-violents" alors que ce sont eux qui ont matraques et gaz pour nous réprimer tous. Leur violence est légale, la nôtre est légitime. Leur justice emprisonne, notre justice soude et libère.

Leurs polices servent de justice, leur justice sert de paix. Si telle est leur justice, il n'y a pas de paix, mais qu'une terreur policière qui protège les riches. Si telle est leur paix, la police est partout et la justice nulle part. Toute révolte est juste si elle ne se trompe pas d'ennemis.

L'ennemi n'est pas le "pauvre", "l'arabe" ou la "banlieue" mais le riche et le puissant qui ont créé la pauvreté et le ghetto-banlieue et qui ont choisi d'y enfermer toute personne de couleur et anciens colonisés pour maintenir la division. Avant d'être arabe, noir, blanc, nous sommes des gens qui voulons nous en sortir, soumis au même sytème qui créée de la peur entre nous pour se faire oublier.

Le racisme est une arme des puissants, des riches et de l'État. Eux qui construisent les murs qui nous divisent et les impasses qui nous bloquent, les barbelés périphériques qui nous séparent et les polices qui nous sélectionnent.

La seule violence est celle de la puissance financière qui décide de nos vies. La seule violence est celle de l'Etat qui décide de notre valeur. La seule violence est celle de la police qui décide de notre "paix". Face à cela, toute notre résistance ne sera que défense et autodéfense. Seuls l'État et le Capital anticipent notre colère, nous qui avons du mal à anticiper notre propre misère. Ils se dotent de toutes les armes possibles, qui tuent et assassinent de manière "non létale".

Des lycéens perdent leurs yeux sous les balles en caoutchouc pour défendre leurs études, des "banlieusards" perdent leurs vies accusés d'être pauvres de couleur et "ex"-colonisés, des sidérurgistes perdent leur dignité par les coups de matraque pour défendre leur emploi, des personnes âgées et des enfants se font gazer pour défendre le droit à la retraite.

Guerre de classe, et nécessité fait loi. Nécessités humaines et naturelles contre nécessités économiques de profit et de puissance. La "démocratie représentative" est le nom donné par les puissants à un système où les règles du jeu et ses cartes sont détenus par les riches et les puissants. Et nous qui cherchons à nous en sortir dépendons des cartes sociales que les riches veulent bien nous distribuer. Mais ce sont toujours eux qui les distribuent.

Ce ne sont pas les cartes qu'il faut changer, mais le jeu lui-même. Parce que nos vies et celles de nos enfants ne sont pas un jeu. A nous de faire en sorte que les riches ne jouent plus avec nos vies selon leurs propres joker et leurs propres bonus.

C'est eux qui décident de la case de départ et de la case d'arrivée de chacun d'entre nous, et nous sommes condamnés à respecter les parcours qu'ils nous distribuent. Soyons notre propre case de départ et notre propre case d'arrivée à la fois, soyons notre propre parcours, éjectons les riches et les puissants du jeu. Notre monde n'est pas le leur, nos nécessités ne sont pas les leurs, nos envies et nos besoins ne sont pas les leurs.

Déterminons nous-mêmes nos propres vies. Les "élections démocratiques et représentatives" sont l'illusion à nous faire changer de couleur. Le "pic" peut devenir "carreau" ou "trèfle", les cartes restent les mêmes, et ce sont toujours les mêmes qui les détiennent. Et nous sommes leur mise, leur gain, leur enjeu. Leurs principales armes pour nous faire accepter leur diktat financier sont la peur et le chantage. Peur de la banlieue, peur de l'autre, peur d'être solidaire, peur de se défendre, peur de faire grève, peur d'étudier sans travail au bout, peur du chômage, peur de son patron, peur d'avoir peur.

La crise créée de la peur, elle est la peur, se veut notre peur pour avancer et imposer ses mesures. La question s'est posée en Tunisie, en Egypte, en Lybie, en Syrie, elle se pose aujourd'hui en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, commence à se poser en France et aux Etats-Unis, et finalement est la question que nous nous posons tous: Pour ne plus avoir peur, il faut que la peur change de camp.

A la finance d'avoir peur de notre colère, aux puissants d'avoir peur des sans-travail, aux policiers d'avoir peur de notre solidarité. Nous avons l'impression d'être dépassé, de ne plus comprendre ce qui se passe dans nos vies, de devoir se fier et avoir confiance en ceux qui détruisent nos vies pour qu'ils la protègent, mais la seule réponse à nos angoisses et notre urgence est le rapport à notre histoire, notre propre histoire, notre histoire de classe qui est une histoire de lutte et de combat.

L'histoire n'est pas celle des chefs d'Etat ou des "grands noms", des "grands hommes", l'histoire n'est pas celle des dominants et des puissants, elle est faite et se fait toujours par les petites gens, les anonymes que nous sommes, les hommes et femmes simples que nous sommes fiers d'être. Les Tunisiens et les Egyptiens nous l'ont montré, et aujourd'hui ce sont les puissants qui ont peur "des gens", de ces gens qui font leur propre histoire, qui veulent leur propre victoire.

Et ils ont peur que nous soyons l'écho, l'onde de choc en Europe des secousses tunisiennes, égyptiennes, lybiennes et syriennes. Un appel de solidarité internationale.

Entre les hommes, les femmes, simples, anonymes. Ceci est un appel au combat. Avec et pour le peuple grec assassiné. Avec et pour tous les peuples.

Un appel à descendre dans la rue, occuper les lieux de travail, faire grève des loyers et des factures, occuper et paralyser les lieux de pouvoir, constituer des Comités de Quartiers, envahir et occuper les immeubles vides, occuper les ministères, les hôtels de ville, les mairies, laisser les banques s'effondrer, assiéger le Parlement. Par dizaines, par centaines, par milliers, par centaines de milliers. Les nôtres, ceux de chacun, ceux de tous.

Pour tous les hommes, toutes les femmes, simples, anonymes, et contre leurs patrons, leurs polices, leurs menaces, leurs chantages, leurs puissances, nos seules armes sont la solidarité, la détermination, l'auto-organisation par et pour nous-mêmes.

Nous sommes notre propre nécessité, notre propre ambition, notre propre pouvoir. De l'indignation à la révolte, de la révolte à l'émeute, de l'émeute à la grève sauvage émeutière, de la grève sauvage émeutière à l'insurrection.

Désormais nous avons compris, et nous n'avons plus peur: Nous ne comptons que sur notre propre force, sur notre propre capacité à organiser nous-mêmes nos vies, sur notre propre solidarité. L'insurrection ne sera ni "civique" ni "citoyenne", elle est confrontation de classe.

Nous sommes non-violents avec ceux qui sont non-violents avec nous, mais nous revendiquons l'autodéfense par tous les moyens nécessaires contre toute violence à notre encontre. Cette violence est permanente, quotidienne, omniprésente, c'est la violence capitaliste. Se confronter à la police ou bloquer une entreprise relève de l'autodéfense contre la violence de licenciements de masse ou de hausse des factures. Bloquons leur économie et que la peur change de camp, comme lors du blocage des raffineries à l'automne Réapproprions-nous nos outils de travail quand ils veulent les fermer, créons des Assemblées de Quartiers et développons la démocratie directe, la seule à laquelle nous aspirons.

Pour reprendre nos vies en main, ici, maintenant, nous-mêmes. Là où nous vivons et travaillons. Exproprions les richesses qu'ils nous ont volé, créons des Comités d'Autodéfense de Précaires et Chômeurs. N'attendons pas d'être pris dans l'urgence comme le sont les peuples grecs et espagnols aujourd'hui. Le désastre, nous y sommes déjà et il ne fera que s'aggraver, et arriver. Alors que capitalisme, crise et désastre sont déjà là. Cette impression commune que le ras-le-bol, la révolte, l'explosion, vont arriver.

Alors que ras-le-bol, révolte et explosion sont déjà là. S'indigner ou prendre acte. Tout de nous, rien d'eux. I — Misère des élections présidentielles. Ils proposent chacun une gestion un peu différente de notre prison: En partant du Printemps , Paris, Il apparaît en effet comme de plus en plus évident que tous et toutes sont portés par une commune vision du monde.

On cherche malgré tout à nous vendre un candidat comme marchandise performante, dans un mauvais spectacle déprimant de vacuité se répétant à chaque campagne présidentielle.

Pourtant, aucun changement réellement positif ne peut venir des urnes: Quelles options se proposent à nous à chaque élection, et notamment celle-ci? Un libéralisme social-démocrate dégoulinant de renoncements, de mensonges et de sang. Il y a là une contradiction insoluble. Mais cette contestation vaine nous révèle quelque chose. À parler leur langage nous nous rendons impuissants. Impuissants car condamnés à la répétition du même. En conséquence, des contingents toujours plus importants de ces populations se sont enfuis vers des centres en moins piètre état.

Les policiers peuvent légalement fouiller, frapper ou encore séquestrer dans un commissariat des individus, contrairement aux autres citoyens. Schuurman, Le travail est un crime, Il paraît que tout le monde aime la liberté. Pourtant, la plupart des gens considèrent aussi le travail comme une valeur fondamentale, à inculquer aux jeunes, un devoir et un droit à préserver.

Son terme cousin, travail, a lui pendant longtemps exprimé les idées de tourment, de peine et de fatigue. Travailler pour exister, exister pour travailler. Il est notre droit de nous loger, de nous nourrir, de nous vêtir, il est notre droit de vivre.

Et alors même que le capitalisme, qui a besoin de cette frénésie du travail pour exister, produit des ravages de plus en plus visibles à tous les niveaux de nos existences, dans des régions toujours plus étendues et pour une durée toujours plus longue, le travail demeure un horizon indépassable pour la conception de notre existence. Nous sommes tellement empêtrés dans cette religion du travail qui est, comme toute religion, une organisation du mensonge que nous ne réalisons pas que nous passons notre vie dans un gigantesque camp de travail.

Que même quand nous y échappons pour un moment nous passons notre temps à faire travailler les autres, par la consommation de biens et de services. Nous aimons nous voir comme des personnes indépendantes et libres qui vaquent à leurs occupations, quand nous sommes en réalité des travailleurs forcés de rejoindre leur poste.

Pourtant, tout le monde aime la liberté, on vous dit. A quelques exceptions près donc, travailler est une horrible chose qui débouche sur une immense accumulation de souffrance. Que les plus raisonnables se rassurent: Ceux qui pensent le contraire ne doivent vraiment pas beaucoup aimer la liberté.

Le monde, ou rien. Le statu quo est tout aussi immonde. Et les médias jouent parfaitement leur rôle, faisant planer une menace diffuse, pluridirectionnelle et omniprésente, implantant jour après jour la peur dans chaque conscience, avec une abnégation remarquable. Que dans ces moments de lutte se tissent des liens, naissent des amours, émergent des projets communs, se créent des communautés de résistance. Nous voulons faire autre chose que travailler.

Nous voulons vivre autre chose que cette survie, cette sous-vie. Nous voulons habiter autre chose que ce taudis. Nous voulons créer autre chose que cette destruction.

Le capitalisme façonne des subjectivités à son image et selon sa logique: Les révoltes de la vie ont transformé, transforment, transformeront nos subjectivités, avant même que dans une société nouvelle, de nouvelles vies émergent de nouvelles subjectivités. Nous souffrons de devoir obéir à des impératifs absurdes, avilissants, destructeurs.

Nous souffrons de devoir exécuter ces impératifs dans des conditions éprouvantes, voire dangereuses. Nous souffrons de cette activité indifférenciée, absurde, destructrice.

Nous souffrons de rentrer vidés, de ne pas pouvoir vivre. Nous souffrons de souffrir seul, de devoir nous cacher notre souffrance, de nous mentir, de ne pas pouvoir parler de notre souffrance, de devoir cacher celle-ci aux autres. Comme des esclaves, nous avons une compensation, eux en nature, nous en argent. Avec ou sans proxénète, nous sommes tous des prostitué. Nous sommes des robots travailleurs, en tchèque , des individus réduits à des machines productrices.

Nous sommes soumis au capitalisme, ce Moloch insatiable, ce train aveugle écrasant tout sur son passage. Nous nous intéressons peu à la massification, les pétitions sont signées puis oubliées, les cortèges défilent et rentrent chez eux, les vitrines sont brisées puis réparées, les murs tagués puis nettoyés.

Il nous faut créer. Il nous faut nous créer. Un mouvement ouvre une brèche, crée une coupure temporelle, une rupture dans le déroulement linéaire de nos vies. De nouvelles subjectivités émergeront de ces nouvelles vies, épanouies dans une diversité non-finie du faire.

Le temps sera celui de notre vie et de ses activités, non celui des montres et du travail. Les communes seront, ainsi, sans masculinité viriliste, celle du sujet capitaliste, insensible, impitoyable, suprémaciste, et sans féminité soumise, subordonnée, dissociée. Elles seront, de même, sans sujet colonial, raciste, dominateur, exploiteur, et sans sujet indigène, racisé, dominé, exploité. Au niveau des techniques, nous détournerons des techniques détournables, nous détruirons des techniques indétournables bombes nucléaires, centrales nucléaires, etc.

Ce sera notre monde, ou rien. Ce ne sera pas ce monde de mort, mais la mort de ce monde. Crevons cette société morbide, moderne, capitaliste, colonialiste-raciste, patriarcale, étatiste, hétéronome, hiérarchique, totalitaire. Créons une société vivante, nouvelle, non-marchande, égalitaire, libertaire, autonome, horizontale, plurielle. Créons une vie de désir, cette vie que nous désirons, que nous décidons.

Soyons résolus à ne pas mourir, et nous voilà vivre. Ce sera notre histoire, cette fois. Cette société nous offre seulement une lutte pour la survie de base dans laquelle nous ne sommes rien sauf une force de travail et des consommateurs. Les vêtements de marque, les nouveaux téléphones mobiles et les écrans plasma, les voitures en leasing et les prêts hypothécaires, les sorties du samedi soir, les émissions de télé et les idylles familiales dans les centres commerciaux seront-ils des produits de substitution suffisant pour une vie vraiment humaine?

Est-ce tout ce que nous désirons vraiment et ce dont nous avons vraiment besoin? Nous vendons notre temps et notre énergie, notre force de travail, à la classe des bourgeois qui possèdent les moyens de production. Quel que soit ce que nous gagnons, dès que nous avons dépensé notre salaire, nous devons à nouveau nous précipiter au travail.

Nous vendons notre force de travail comme une marchandise à des patrons individuels et aussi à la bourgeoisie toute entière, et dès lors ce sont eux qui la contrôlent, qui la possèdent et qui en profitent vraiment. Toute la société nous est étrangère: Par conséquent, la dictature du Capital règne aussi en dehors du travail.

Les loisirs que nous cherchons en font partie. Notre travail est une marchandise comme aucune autre: Le profit est réinvesti dans des moyens de production, dans la production de nouveaux capitaux qui tous sont la propriété contrôlée, possédée et vendue par les bourgeois. Les citoyens atomisés, qui parviennent à une unité artificielle à travers une sphère séparée de politique nationale, sont une caractéristique commune des États parlementaires, staliniens, fascistes ou même islamistes.

Ce sont là des organisations de la bourgeoisie en tant que classe, qui se développent à partir des rapports sociaux de la société de classe. Comme tels, ils doivent être détruits et non pas réformés. Par conséquent, les prolétaires luttent contre toutes les formes du gauchisme: Nous combattons pour une libre auto-organisation égalitaire. Maintenant que nous sommes remontés à la racine du syndrome, nous allons commencer à comprendre que les tableaux ont des points communs.

Pourtant, avec un soupçon de conscience, peut-on se réjouir de la guerre? Or la guerre est toujours triste et la victoire jamais acquise, et dans toutes les hypothèses, jamais pour les deux protagonistes à la fois.

Le travail culturel est donc passé par là pour nettoyer le chemin vers la guerre. Voici les liens qui apparaissent entre le champ de bataille boueux et un capitalisme tout aussi crasseux. Pourquoi partir si joyeusement à la guerre capitaliste? Et peu importe si la promesse est bidon en réalité, elle est une croyance quasi religieuse, un dogme, une norme. Cet écran qui verse sans discernement des images de tous types, informations, désinformation, séries, publicités, divertissements, et ce, 24h sur 24h.

La recherche insatiable du plaisir nous fait nous détourner du sens des champs de batailles capitalistes qui détruisent la nature et la vie en notre nom pour produire nos objets pour la plupart inutiles et polluants.

Nous avons à loisir le choix entre des objets censés assouvir nos frustrations existentielles et des spectacles sur écrans qui nous divertissent. Dans le monde réel on ne peut pas quitter le champ de bataille. Bienvenue dans la réalité. Revenons à la guerre économique. Nous sommes alors enchaînés à la réalité de cette bataille économique où nous comprenons que tout ce à quoi nous avons cru nous est maintenant infernal, insupportable, car nous perdons tout nos repères, nos espoirs, nos croyances devant la réalité nue.

Où sont les promesses? Qui payera les crédits? Où sont passé les jours meilleurs qui justifiaient mon sacrifice quotidien au travail 8 heures par jour? Sans travail qui suis-je? Sans argent qui suis-je? Qui suis-je hors de la norme? Et le cancer contracté au travail à respirer des effluves toxiques, qui est responsable maintenant?

Et ma femme, et mon mari qui se détourne au moment difficile de la vie sans travail? Absent à soi-même au milieu du champ de bataille économique, le chaos comme seule référence existentielle. Ce désastre ne nous apparaît malheureusement que lorsque nous sommes touchés directement, ce moment où nous sommes exclus de la norme du travail et de la consommation. Sans parler des fumées toxiques des usines qui produisent à la chaîne des objets industriels toujours nouveaux qui viennent titiller le désir sans fin de nos regards sans vie rivés à la lueur électrique sur nos écrans bariolés.

Les écrans publicitaires nous font avaler cette agriculture comme des aliments qui sont des ersatz depuis longtemps sous de fausses promesses trop sucrées, trop salées et trop grasses. Nous savons maintenant ce que valent les promesses capitalistes. Du plaisir frelaté qui empoisonne la vie sous toutes ses formes. Qui décide la norme? Qui orchestre la promesse de cet avenir radieux de plaisirs empoisonnés?

Inventer une nouvelle culture commune où la vie et son expansion sous toutes ses formes sera centrale. Vivons de peu, ensemble et avec joie. En quittant le champ de bataille, en nous détournant de la norme car tout est à inventer. Une sorte de mimétisme collectif organisant une norme qui devient dogme, une quasi religion impossible à remettre en question. La Terre ne pourra supporter encore bien longtemps la guerre que nous lui faisons et qui prend maintenant un tour tragique.

Il est question de notre cadre de vie, le cadre réel de nos existences au moment où nous quittons les écrans des yeux pour vivre pour de vrai. Qui peut discuter devant la vague de 10 mètres de haut? Pas même une centrale nucléaire? À quoi sert de voter si la couche atmosphérique est trop fine pour nous protéger du soleil durablement, nous promettant un cancer de la peau mondial, ou des rayonnements que nos organes internes ne pourraient supporter? Ces personnes surpuissantes et immensément riches forment le symbole monstrueux et hypertrophié du capitalisme.

Elles sont les inventrices de la croyance dogmatique dans la science et la technique pour un soi-disant avenir radieux qui forme des montagnes de déchets ingérables. Projetons le nouveau champ de bataille et que voyons-nous?

Des robots, mais pour se battre contre qui? Pour finir immanquablement à nouveau dans la boucherie commune faute de robot. Pourtant la question à résoudre depuis la nuit des temps reste inchangée: La bataille économique prend la même tournure, et sur le champ de bataille sont entrés les robots. La question que nous devrions donc tous nous poser est: Le microcosme élitiste mondial a-t-il encore besoin de travailleurs finalement?

Probablement que non, les robots suffiront. Autant dire tous les attributs de la guerre. La trajectoire de nos sociétés collectives délirantes reste invariablement inchangée. Ne remplaçons plus, réparons, faisons de peu. Revenons à la vie réelle. Développons le zéro déchet comme trajectoire et comme indicateur de respect de la vie.

Cultivons nous, apprenons des grands penseurs humanistes et reliés à la vie, produisons la nouvelle culture commune vivante, indépendante du capital, reliée les uns aux autres et au vivant.

Nous ne pouvons et ne devons compter que sur nous-mêmes et nos propres capacités à renverser ce monde et ses contradictions internes ô combien meurtrières! Ils refusent de gérer leur troupeau par ordinateur et de se conformer aux nécessités de la production industrielle, comme la traçabilité.

Mais pour les humains que nous sommes encore, loin de mettre un terme aux travaux pénibles, ce processus est le progrès de notre dépossession. Elle nous oblige à saisir des données. Elle produit ensuite des statistiques et des algorithmes pour découper, standardiser et contrôler le travail. Bien souvent, ce sera les deux.

Les machines deviennent nos seuls interlocuteurs. Mettre en valeur les savoir-faire autonomes et le temps de leur élaboration est devenu une lutte quotidienne. La préténdue dématérialisation consacre en fait la surexploitation des ressources: Nous constatons que les syndicats ont renoncé à le faire. Nous voulons continuer à nous soutenir dans nos luttes en affirmant des choix communs et en coordonnant nos actions publiques: Non seulement ceux qui nous critiquent, mais aussi des lecteurs et de proches camarades ont été surpris que nous insistions une fois de plus sur le léninisme, le bolchevisme, le stalinisme Le léninisme est utilisé non seulement par les staliniens, les trotskystes, les zinoviévistes, les gramsciens On nous dira que ce dualisme est essentiel à toutes les formes de domination capitaliste et que ces dernières ne sont pas le fruit du léninisme, ni de la social-démocratie.

Néanmoins, en tant que prolétaires exploités en lutte contre le capital et ses États, ce sont les formes précises dans lesquelles cette domination se structure qui nous intéressent au premier plan, et plus particulièrement les formes de domination destinées aux prolétaires conçues pour canaliser ceux qui se battent contre cette société. Le raffinement suprême dans la liquidation de la force révolutionnaire est précisément sa transformation historique et son embrigadement dans le front unique, puis le front populaire, le front national et, pour finir, sa soumission à la guerre impérialiste et son massacre généralisé.

Les physionomies ou appellations peuvent varier mais toutes les formes de domination et liquidation du prolétariat autonome utilisent les bases de la social-démocratie et leur perfectionnement effectué par Lénine et ses différentes et nombreuses variantes. Ceci est la conséquence logique du programme de développement du capitalisme appliqué dès le début par Lénine et les siens: La traduction exacte du terme Tcheka est: Dès la création de la Tcheka en décembre , sous la direction de Dzerjinski ex-S.

Les camps de travail forcés commenceront à fonctionner dès , année où plusieurs camps sont créés. En , la direction de la police politique en contrôlera cinquante-six. Lors du second anniversaire de , la Pravda écrit fièrement: La première grande rafle aura lieu dans la nuit du 11 au 12 avril contre des organisations qui se définissent anarchistes, et surprendra par une dureté inusitée.

Lors de cette rafle, plus de 1. Le nombre de tchékistes passera de en décembre à Si les droits des travailleurs sont remis en cause, le mouvement de contestation sociale qui vient dénoncer cette remise en cause se voit confronté à un problème d'ordre théorique et stratégique. Des lois comme la loi El Khomri sont d'abord riches d'enseignement. D'une certaine manière, et de façon paradoxale, ce système s'auto-dénonce. Cet aveu est une aubaine: Une démonstration aussi radicale d'un mépris institutionnalisé est un appel à l'insurrection.

Celui qui provoque s'attend à une réaction proportionnée à l'ampleur de la provocation. La loi El Khomri sera une ultime provocation, qui appelle une réponse à la mesure du scandale. Il y a là plutôt un saut qualitatif qui se joue. Le système de la valeur accumulée montre son vrai visage, et il faudrait savoir saisir cette occasion. L'inconscient des agents d'entretien du système républicain est un vaste champ de ruines que nous pourrions explorer. Ici, des idéaux de jeunesse abandonnés, des renoncements, des abdications.

Une parole émerge alors, au sein de ce marasme pathétique: Et soudainement, ils nous délivrent, indirectement mais certainement, une amère vérité, que nous avions préféré ne plus voir: De même, un système qui rend possible des lois comme la loi El Khomri est un appel à sa radicale remise en cause, à sa radicale destruction. Inconsciemment, les agents d'entretien du système républicain, en proposant ou en soutenant des projets aussi scandaleusement négateurs de l'humain, savent qu'ils susciteront une réaction proportionnée: Il faudrait donc que nous puissions nous situer à la mesure du scandale.

Deux options sont à envisager dans ce mouvement de lutte contre la loi El Khomri: Les deux options, bien sûr, ne s'excluent pas mutuellement. D'abord, dans un contexte qui n'est pas encore révolutionnaire, il faut bien sûr défendre les droits des travailleurs s'ils sont menacés, dans la mesure où, tant que le capitalisme n'a pas été détruit, il faut pourtant bien vivre, et ce dans les meilleures conditions possibles.

Mais il devrait être possible aussi, et même nécessaire il me semble, de tenir ensemble les deux finalités: La focalisation présente sur la loi El Khomri qui n'est pas qu'un prétexte, mais plutôt un détonateur ne se priverait pas d'un horizon révolutionnaire, et d'un projet post-capitaliste. La loi El Khomri nous dévoile l'être du travail en régime capitaliste.

Sachons retenir cette leçon. Quelle est cette leçon? Le travail, d'abord, est en crise. La révolution micro-informatique a rendu de moins en moins indispensable le travail vivant. Le recours massif à l'automatisation de la production, permettant des gains concurrentiels, produit une inutilité relative d'un bon nombre de travailleurs. Mais précisément, cette inutilité n'est que relative: Face à cette contradiction, le capitalisme se confronte à une radicale et irréversible dévalorisation de la valeur.

Le travail, devenu inutile, se met à affirmer son irréductible nécessité. La traduction politique de cette tension inhérente au capitalisme n'est pas une ultime reconnaissance des travailleurs, mais bien plutôt leur précarisation irrémédiable, via une législation appropriée: La loi El Khomri nous dévoile l'être de l'État républicain en régime capitalise. L'État n'est plus que le gestionnaire du capitalisme. Ses finalités productivité, compétitivité peuvent toutes être ramenées à la notion de profit profit qui concerne une infime minorité de la population.

La manière dont il définit sa gestion du tout social renvoie à une façon de privilégier systématiquement un ensemble d'intérêts privés négateurs du bien-être commun. Mais tout universel abstrait, pourtant, recouvre un particulier concret à tendance totalitaire se faisant passer fallacieusement pour le tout là où il n'est qu'une partie non représentative de ce tout. Avec des lois comme la loi El Khomri, l'État républicain nous fait un aveu: Prendre acte de cet aveu, c'est prendre acte d'un fait important: Sur ce point donc, écoutons-les, et soyons conformes à leur souhait inconscient: Le capitaliste achète des facteurs de production AM , puis voit sa valeur de départ augmenter A' dans la mesure où le travailleur a effectué un surtravail.

Dans ce procès, c'est l'argent en tant qu'abstraction quantitative qui est au départ et à l'arrivée du mouvement. Ne compte que l'abstraction en tant qu'abstraction. La finance ne produit ce qu'elle produit que parce qu'elle est dépendante d'une sphère productive en elle-même folle et absurde: Donc si l'on déplore la folie financière chose stratégiquement dangereuse , on est en train de dénoncer les catégories du travail, de la valeur, de l'argent, de la marchandise. Elle doit créer de nouveaux points de vue.

Car c'est au sein de la logique de ces catégories que se situe le point critique: Autant dire qu'il s'agirait d'embourgeoiser les prolétaires mais alors, ils ne seront plus jamais susceptibles de lutter par la suite. Il ne remet pas en cause le système de la valeur ou du salariat, mais tend au contraire à les magnifier. Par ailleurs, en maintenant une logique étatiste, dans son utopie niaise et irréalisable, il oublie que la logique de l'État, historiquement, est celle des Etats-nations.

Il n'y a pas d'étatisation sans nationalisme. Et, par ailleurs, il n'y a pas de nationalisme en dehors du cadre du libre-échange. Les Etats-nations se sont constitués dans le cadre d'une économie de marché qui tendait à se mondialiser, dans laquelle les Etats, partenaires ou concurrents, devaient souscrire aux injonctions associées à l'accumulation de la valeur.

Il est proprement impossible, dans cette mesure, de proposer une remise en cause des règles du jeu capitaliste dans un cadre étatique, c'est-à-dire dans un cadre nationaliste. Ce ne peuvent être de tels individus, trop bien installés dans une institution qui ne voit pas en eux un bien grand danger, qui pourraient porter un discours alternatif à la mesure des enjeux soulevés par le mouvement de lutte sociale contre la loi El Khomri. Nous ne saurions non plus revendiquer l'avènement d'un nouvel Etat Providence.

Par ailleurs, l'État Providence aura tendance à purifier la logique de la valeur, soit à consolider le système économique par lequel nul contrôle humain conscient n'est possible. Pire, l'État Providence, outre le fait qu'il ne peut jamais être durable, selon une mécanique cyclique inexorable, tend à retarder la crise, et à faire oublier les aberrations et les folies qui se développent souterrainement.

Nous ne pouvons souhaiter un retour aux trente glorieuses: Des simples réformes politiques, formulées dans le langage de la politique dans le langage du pouvoir séparé de la pensée et de la pensée séparée du pouvoir ne sont absolument pas utiles.

Ce genre de projet est même pernicieux, dans la mesure où il tend à réduire le point critique à de pseudo-enjeux de souveraineté citoyenne, là où le problème se situe davantage au niveau des rapports de production. Mélenchon, avec sa sixième République, sa nouvelle Constitution, est inepte, outre le fait qu'il développe un populisme rance, un communisme-capitaliste, et une nationalisme déguisé: Étienne Chouard, dont la pauvreté intellectuelle n'est plus à prouver, en bon confusionniste rouge-brun, mélange populisme, nationalisme, et socialisme, dans un imbroglio incongru.

Ses idées, qui se comptent sur les doigts d'une main, font non seulement l'impasse sur le matérialisme historique, mais sont en plus totalement absconses: Pourquoi ne pas relire Arendt, qui formule beaucoup plus clairement ce genre d'idées et sans l'arrière-fond fasciste et pourquoi diffuser ce genre de conneries dangereuses, qui n'aident en rien la lutte à avancer? Ces moments de contestation sont trop importants pour que nous continuions à donner la parole à de tels clowns dangereux.

A ce dont se satisfait l'esprit, on peut mesurer l'ampleur de sa perte! Je n'ai fait ici que parler en mon nom. Personnellement, j'aimerais me situer à la hauteur du scandale et de l'aveu que dévoile la loi El Khomri. Cela signifie pour moi: Cette ivresse passagère refonde et renforce une identité nationale en décrépitude. Il s'agit toujours d'une épreuve difficile où la concurrence est féroce et dont le seul but est de gagner sur les autres, la victoire à tout prix. De partout le sport est présenté comme une évidence, une activité naturelle positive.

Notre aliénation ne nous est pas perceptible. On y retrouve la hiérarchisation, la sélection de l'élite, l'obsession de la pureté, la mobilisation de masse, l'omniprésence de la propagande, la glorification de la jeunesse, le culte des forts et de la virilité, l'exaltation de l'effort, l'apologie de la souffrance, la diabolisation de la fainéantise, l'idolâtrie du surhomme, l'exacerbation des passions chauvines, nationalistes et racistes.

Le sport n'est pas un jeu, mais une activité physique fortement réglementée basée sur l'effort, le renoncement au plaisir, le travail, le rendement, la compétition, le record, le dopage et l'absolue nécessité de la victoire. Le corps du sportif mercenaire est chosifié, transformé en chair à record, en marchandise compétitive, encaserné et drogué. Cette compétitivité sportive fonctionne à l'image du système marchand.

À l'image du sport, le moteur même de la survie sociale d'aujourd'hui est construit sur la guerre des uns contre les autres, seul contre tous. La loi de la compétition est le dogme de cette société. La compétition est une nuisance sociale où l'autre devient un obstacle à supprimer, l'ennemi à vaincre, où il s'agit de gagner en fabriquant des perdants.

Quitte à tout faire pour le détruire. Dans le domaine du sport, la compétition engendre le dopage, les pots-de-vin. On a besoin des autres pour se construire. C'est la différence de l'autre qui enrichit mon évolution dans la société en la rendant plus complexe.

Ce sont les autres qui me font exister. Quand on est en compétition on ne tisse plus de liens on les détruit. Toute compétition est un suicide social, une entreprise de déconstruction où les gagnants sont les plus conformistes et les plus antisociaux, car ils détruisent ce qui nous relie les uns aux autres. Il faut soigner son image, se montrer à son avantage, être visible et reconnu.

Le pouvoir des uns sur les autres est partout. Cette compétition, guerre sans merci, isole, réduit et conditionne les comportements.

Le sport est l'opium du peuple, il n'exprime que la soumission à l'ordre établi. L'exploitation du travail, sa marchandisation est une aliénation de l'activité humaine. Le temps du non-travail, c'est-à-dire celui des loisirs et de la culture de masse est le domaine de la crétinisation volontaire, de l'automutilation librement consentie.

Le sport est le pilier de cette culture qui n'en est pas une et n'est en fait que l'expression de son absence, affirmation ostentatoire de sa soumission à une conformité normalisée. Clos sur lui-même, le stade, centre et ciment de la communauté, agrégateur de solitudes, est un espace de concentration où chacun est tout le monde.

C'est une masse en fusion, l'unité sonore d'un monde sourd à lui-même, l'assourdissement devenu réalité. Le sport c'est la mort des feignasses, l'apologie de l'effort et du sacrifice, l'adoration du travail dans le respect des règles et la servitude à l'ordre en place.

Le sport n'est plus que spectacle, publicité suprême du corps marchandise, image de l'adhésion totale à la marchandisation de la vie. La réédition de l'ouvrage classique de Constantin Sinelnikoff, paru aux éditions François Maspero en , illustre à sa manière l'étrange destin de Wilhelm Reich.

À vrai dire, il n'était pas complètement un inconnu au milieu des années Aussi bien en Allemagne où les étudiants anti-autoritaires avaient largement diffusé ses textes de combat, qu'en France même, puisque divers militants d'extrême-gauche avaient traduit l'essentiel de son oeuvre dans des éditions plus ou moins pirates 2 et popularisé les principaux thèmes de sa pensée 3. Mais c'est surtout l'explosion libertaire de Mai 68 qui redonna à la critique reichienne de la répression sexuelle 4 une actualité pratique au sein de la jeunesse lycéenne et étudiante et dans divers mouvements contestataires qui entendaient politiser la vie quotidienne et, fait plus étonnant peut-être, au sein des différentes associations de psychanalyse.

Celles-ci assistèrent en effet avec stupeur et irritation au retour du refoulé: L'histoire des années se répétait ici aussi. La cohorte des chiens de garde du stalinisme français sonnait ainsi l'hallali théorique contre Reich dans des amalgames dignes des belles heures du jdanovisme. Placer Reich dans la foulée de l'anarchisme individualiste est entièrement justifié: Les thèses cardinales de la Psychologie de masse du fascisme, de la Révolution sexuelle, de la Fonction de l'orgasme trouvaient en effet dans la répression sexuelle, l'absolutisme bureaucratique, l'autoritarisme culturel, l'absence de démocratie, la misère psychologique de masse, la paranoïa xénophobe de ces organisations et régimes une vivante illustration contemporaine.

Reich devenait donc — comme Herbert Marcuse — un dangereux gauchiste qu'il fallait disqualifier à tout prix, y compris par la calomnie Par un effet de symétrie paradoxale, les défenseurs inconditionnels de Reich tombèrent également au cours des années et au-delà dans le même travers de travestissement politique ou de dépolitisation de son oeuvre.

Refoulant largement son combat pour la politisation de la question sexuelle Sexpol , méconnaissant très souvent ses analyses pertinentes du fascisme et de la réaction religieuse, ignorant aussi que Reich s'était efforcé d'articuler la puissance contestataire, dialectique, du marxisme et de la psychanalyse et de l'appliquer à l'analyse des processus sociaux 12 , scotomisant de plus en plus sa critique des institutions bourgeoises dominantes — État, famille, école, église, armée, partis, etc.

Centrés sur l'épanouissement de soi, la résolution pacifique des conflits, l'hygiène de vie, fréquemment aussi sur une quête spirituelle, ces néo-reichiens eurent tendance à privilégier l'éducation des enfants, le retour à la nature, la psychothérapie et la conversion des individus au détriment de la transformation radicale des rapports sociaux.

Celle réédition est donc précieuse pour comprendre l'ensemble de ces débats qui sont sans doute datés, mais sûrement pas dépassés, et concernent directement les questions de notre temps. Bien qu'il n'aborde que la période européenne de l'oeuvre de Reich — celle qui concerne la politique et l'économie sexuelles, la fonction sociale de la libido génitale, l'analyse caractérielle, le freudo-marxisme, la critique de la répression sexuelle, l'analyse de la psychologie de masse du fascisme et des mouvements mystico-religieux réactionnaires —, ce livre est aujourd'hui la meilleure introduction à la lecture de textes décisifs pour celles et ceux qui n'entendent pas simplement contempler le monde mais le transformer.

De toute évidence cependant, Reich ne saurait être réduit à ces seuls aspects sociologiques, anthropologiques ou politico-sexuels et ses textes ultérieurs consacrés à la biopathie du cancer, l'énergie d'orgone, la biophysique, les phénomènes énergétiques du cosmos 14 , méritent aussi attention, même s'ils se situent dans une perspective différente que l'on pourrait qualifier de métaphysique pan-énergétique ou bio-cosmique.

Il reste pourtant que ses grandes intuitions freudo-marxistes possèdent aujourd'hui encore une réelle valeur heuristique, pour peu qu'on veuille les contextualiser correctement et confronter leurs formulations à l'évolution rapide et massive des moeurs depuis Mai Les phénomènes fascistes classiques se sont complexifiés avec les intégrismes, l'islamisme radical, les idéologies nationalistes, les mouvements populistes.

Le modèle de la famille patriarcale s'est affaibli avec le développement des familles recomposées ou monoparentales et maintenant des couples homosexuels. Les phénomènes autoritaires de contrôle des masses se sont insidieusement diversifiés avec l'industrie abrutissante du divertissement, le tourisme et l'opium du sport-spectacle. La libéralisation des moeurs et l'émancipation des femmes ont également ébranlé de nombreux interdits sexuels, la marchandisation généralisée de la sexualité et l'omniprésence des discours sur le sexe ont même fini par banaliser une forme de consommation sexuelle.

Peut-on encore dans ces conditions parler de peste émotionnelle, de répression ou de misère sexuelle? Sans aucun doute si l'on actualise deux thèses centrales de Reich: Sur la plus grande partie de la planète, la sexualité reste soumise à l'oppression religieuse et familiale et n'est que rarement admise comme source individuelle autonome de plaisir.

Dans les pays du monde capitaliste avancé, la libéralisation du sexe n'est effective que pour la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie urbaine, tandis que l'immense majorité des travailleurs des villes et des campagnes, particulièrement les femmes, continuent de subir les tabous de la morale traditionnelle.

Et cette instrumentalisation du sexe est toujours concomitante des diverses exploitations, oppressions et aliénations du moment, qu'elles soient économiques, politico-idéologiques, religieuses ou culturelles. Le message de Reich reste donc aujourd'hui encore d'une brûlante actualité: Lutter pour le droit au plaisir sexuel revient par conséquent à lutter pour l'émancipation sociale.

Pour une autonomie caractérielle de l'homme, Paris, Plon, traduction de Constantin Sinelnikoff. Reich, la Lutte sexuelle des jeunes, Paris, , sans mention d'éditeur ni de traducteur. Celle brochure avait été en fait publiée en édition pirate à Paris par EDI et traduite avec une introduction de J. Voir la Bibliographie, page Contribution à Freud, Minuit, Deux numéros de la revue Partisans, éditée par Maspero, firent date sous la direction de Fraenkel: Voir par exemple la brochure éditée par les situationnistes à Strasbourg en Psychanalyse et illusion, Tchou, , p.

On voit le niveau de la polémique Les fondements de la psychologie, Éditions sociales, , p. En déjà, dans Un discours au réel. Théorie de l'inconscient et politique de la psychanalyse, Mame, , Roudinesco avait mené une longue polémique contre Reich et la Sexpol.

Entre-temps, promue historienne officielle de la psychanalyse, elle est devenue plus prudente et plus nuancée dans ses jugements. Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, , p.

Psychologie de masse du fascisme, Payot, ; l'Irruption de la morale sexuelle. Étude des origines du caractère compulsif de la morale sexuelle, Payot, ; les Hommes dans l'État, Payot, Biographie d'une idée, Fayard, Interventions-répliques, Payot, , p. La compétition, c'est la volonté d'être meilleur qu'autrui, de le dépasser. Elle transforme des êtres humains en une nouvelle espèce, intermédiaire entre les humains et les monstres.

Toute compétition est un suicide. Hervé Kempf, Le Monde 3 juin extraits. Le sport, en quelques décennies, s'est élevé au niveau d'une puissance mondiale incontournable, la nouvelle et vraie religion du XXIe siècle.

Sa liturgie singulière mobilise dans le même temps d'immenses masses coagulées dans les stades ou agglutinées devant les écrans de toute taille que les supporters visualisent de façon compulsionnelle. Le sport, désormais un spectacle total, s'affirme comme le seul média structurant dans toute sa profondeur le quotidien de milliards d'individus. La critique est devenue impossible.

La Nation ce n'est plus un peuple mais une équipe; ce n'est plus un territoire mais le stade; ce n'est plus une langue mais les beuglements des supporters. De grandes poussées de nationalisme aiguës ont désormais lieu lors des compétitions sportives.

L'engouement pour le sport, les foules compactes d'adhésion, les mobilisations de masse orientées - et sans précédent dans leur ampleur - auxquelles il donne lieu dans les rues des villes ou devant les écrans de télévision indiquent le niveau de régression atteint dans le pays des Lumières. Le déchaînement des supporters, chauffés à blanc, participe de la violence généralisée dont le sport est le garant.

S'exhibent partout culte de la force, mépris des faibles, chauvinisme, racisme, xénophobie, antisémitisme, violences dans et hors les stades et brutalités sur tout les terrains. Et, surtout, le sport ne permet pas de contenir la violence ou de la canaliser, comme le croient certains intellectuels bien naïfs mais, tout au contraire, il la crée, la génère, l'entretient et la diffuse partout: Le sport légitime l'ordre établi, quel qu'il soit.

La contagion de la peste football qui se répand dans tous les milieux - y compris dans ceux qui avaient été épargnés jusque-là par les slogans débilitants de la "culture foot" et de ses produits dérivés magazines, anthologies illustrées des champions, gadgets de supporters, etc - est aujourd'hui un inquiétant indice de la régression culturelle généralisée.

Dans le climat du populisme ambiant, avec son idéologie anti-intellectuelle et sa haine de la pensée, il n'est pas anodin que la conquête des âmes par l'opium football soit promue par certains passionnés des passions sportives comme une véritable cause nationale. Aux thuriféraires de la "religion atletique" et du "culte de la performance", voici opposée la têtue réalité des faits.

Censurées, occultées, refoulées, ces réalités, loin d'être de simples "déviations", "dénaturations" ou "dérives" comme le répètent à l'envi les idéologues sportifs, constituent au contraire la substance même du football-spectacle. Derrière le matraquage footballistique de l'espace public se profilent toujours la guerre en crampons, les haines identitaires et les nationalismes xénophobes.

Et derrière les gains, transferts et avantages mirobolants des stars des pelouses, promues "exemples pour la jeunesse", se cachent les salaires de misère, le chômage, l'exclusion, la précarité et l'aliénation culture de larges fractions de la population invitées à applaudir les nouveaux mercenaires des stades comme naguère les foules romaines étaient conviées par les tyrans aux combats de gladiateurs.

Le football-spectacle n'est donc pas simplement un "jeu collectif", mais une politique d'encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social qui permet la résorption de l'individu dans la masse anonyme, c'est-à-dire le conformisme des automates.

Cette rationalisation mécanique se retrouve dans le sport, qui est la rationalisation la plus extrême du geste naturel. Et cette logique tient en des mots simples: Or, les affrontements sportifs, surtout en football, dopés par les enjeux financiers extravagants et exacerbés par les rivalités nationales ou régionales, débouchent de plus en plus fréquemment sur de graves actes de violences sur les terrains injures racistes, agressions délibérées, blessures et sur des débordements criminels dans les gradins et autour des stades.

La théorie critique du sport est fondée sur trois axes principaux: On a pu s'en apercevoir au cours de ces grands évènements politiques qu'ont constitué les jeux olympiques de Moscou, les championnats du monde de football en Argentine et, plus récemment, en France.

Le sport draine des sommes considérables, je dirais même, qu'aujourd'hui, c'est la vitrine la plus spectaculaire de la société marchande mondialisée. Le sport est devenu une marchandise-clé de cette société. Le sport constitue un corps politique, un lieu d'investissement idéologique sur les gestes, les mouvements.

C'est aussi une valorisation idéologique de l'effort à travers l'ascèse, l'entraînement, le renoncement, le sportif étant présenté comme un modèle idéologique. Par ailleurs, le sport institue un ordre corporel fondé sur la gestion des pulsions sexuelles, des pulsions agressives, dans la mesure où, paraît-il, le sport serait un apaiseur social, un intégrateur social, réduirait la violence, permettrait la fraternité, tout ce discours qui me semble un fatras invraisemblable d'illusions et de mystifications.

Il existe bel et bien un esclavagisme sportif, une exploitation négrière des athlètes. Dans une arène sportive de plus en plus militarisée, massivement quadrillée par des unités spéciales, les brutalités, les violences ouvertes deviennent coutumières. Le sport est, en effet, constamment présenté comme un remède, un antidote, une solution immédiate à tous les maux sociaux.

Il est un appareil de colonisation de la vie vécue Jürgen Habermas. Comme la religion, il est un opium du peuple, un dérivatif, qui divertit et fait diversion, permet de scotomiser le réel.

Le sport galvanise, électrise les passions et les coagule dans un même élan patriotique et chauvin. Et ce ne sont là que les exemples les plus criants. Citons encore le groupe des Zyklon B gaz de sinistre mémoire de Berlin. Cette lutte ne saurait être vaine: Cela fait maintenant plus de quatre mois que le disque rayé médiatique et politique annonce chaque semaine qui passe "l'essoufflement" du mouvement et cela fait quatre mois que les faits démontrent le contraire.

Et pourtant, nombreuses sont les embûches, venant de tous côtés. L'état d'urgence, la répression, un capitalisme en putréfaction, une probable crise de régime à venir, le foot-business, les monstrueuses exactions de Daech, les hooligans fascistes mettant à exécution leurs projets, la loi Travail et la fin des 35 heures par une attaque combinée de la gauche et de la droite, les directions des centrales syndicales, qui se demandent bien comment cette fois elles vont pouvoir éteindre le feu du ras-le-bol populaire et cette conviction absolue, comme un serment tacite, partagé et nourri partout dans cette force et cette solidarité retrouvée.

Nous irons jusqu'au bout, quels que puissent être les événements qui se mettront en travers de cette lutte, même si on doit reprendre en septembre, octobre et autant de temps qu'il le faudra, avec des nouvelles formes de révolte populaire face à cette loi rétrograde, en nous organisant pour pouvoir passer encore au niveau supérieur, nous lutterons tou-te-s ensemble jusqu'au retrait.

Arrivée en Europe de la mission diplomatique japonaise conduite par Tsunenaga Hasekura. Fondation de l'Université de Kiel. Début de la discussion à l'Assemblée sur le système des impositions: Le catholicisme perd son statut de religion d'État en France. L'insurrection royaliste est écrasée par Bonaparte, à l'église Saint-Roch. Après un long siège, les Grecs prennent Tripolitsa, dans le Péloponnèse, et massacrent la population turque, faisant au moins 8. La ville de Calcutta en Inde est presque totalement détruite par un cyclone ; Le Kansas subit le dernier hold-up commis par la bande des frères Dalton.

Le prince Ferdinand Ier proclame l'indépendance de la Bulgarie et prend le titre de tsar de Bulgarie. L'Autriche annexe la Bosnie-Herzégovine. Proclamation de la République du Portugal, sous l'autorité de Theophilo Braga. Premier duel aérien au cours de la Première Guerre mondiale près de Reims: Le dirigeable britannique R assurant sa première liaison, entre Londres et Karachi, s'écrase en Picardie, à Allonne, près de Beauvais.

Les aviateurs américains Clyde Pangborn et Hugh Herndon réussissent la première traversée sans escale du Pacifique et se posent dans l'État de Washington 41 heures après avoir décollé du Japon. Une ordonnance confirme le droit de vote des femmes en France. La charte des Nations unies est ratifiée par 30 pays.

Création du Kominform, internationale communiste. Premier discours télévisé à la Maison Blanche par le président Harry S. L'Italie, la Yougoslavie, la Grande-Bretagne et les États-Unis décident que le territoire libre de Trieste sera partagé en zones italienne et yougoslave.

Début de la Cinquième République française. Sortie du 1er disque des Beatles Love Me Do. Réunion au Caire d'une conférence des pays non-alignés, qui déclare le Congolais Moïse Tshombe persona non grata. Première émission du Monty Python's Flying Circus.

Congrès constitutif du Front national. Défaite au Chili du général Augusto Pinochet au plébiscite. Remise du Prix Nobel de la paix au Dalaï Lama. Une semaine après son coup d'État aux Comores, le mercenaire français Bob Denard et ses hommes se rendent aux soldats français.

Deux trains entrent en collision à Paddington près de Londres au Royaume-Uni. Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis subissent une nouvelle forme d'attaque, l'envoi de lettres contaminées au bacille du charbon Anthrax. Akhmad Kadyrov est élu président de Tchétchénie.

L'ancien vice-président du gouvernement de Vichy, Pierre Laval, doit s'expliquer devant la haute cour pour expliquer son rôle pendant la collaboration et son alliance avec le régime nazi. Le procès se déroule à la hâte et Laval doit souffrir les insultes des jurés. Farouche opposant de la guerre contre l'Allemagne en , Laval revient au gouvernement à la faveur de la défaite de la France en Il devient vice-président du Conseil dans le gouvernement de Vichy en juillet , et engage une collaboration active avec l'Allemagne.

Gabriel Lalemant, missionnaire français, saint de l'Église catholique, canonisé par le pape Pie XI en Décédé le 17 mars Charles Démia, ecclésiastique français, fondateur d'écoles primaires à Lyon Décédé le Louis-Auguste Brun, peintre suisse Décédé le 8 octobre John Gorrie, médecin et inventeur américain considéré comme le père de la réfrigération et du conditionnement d'air Décédé le 29 juin Eleonora Duse, actrice italienne Décédée le 21 avril Pierre Bonnard, peintre, graveur, illustrateur et sculpteur français Décédé le 23 janvier Alexandre Varenne, homme politique français.

Il est le fondateur du journal La Montagne Décédé le 16 février Louis Aragon, poète, romancier et journaliste français Décédé le 24 décembre Leo McCarey, cinéaste américain Décédé le 5 juillet François Le Lionnais, scientifique et écrivain français Décédé le 13 mars Jean Lefebvre, acteur français Décédé le 9 juillet Charles Duke, astronaute américain.

Le 16 avril , lors du vol Apollo 16, il devient le 10e et le plus jeune homme à marcher sur la lune. Jean-Paul Bonnaire, acteur français Décédé le 28 mars Neve Campbell, actrice canadienne. Ingrid Chauvin, actrice française. Lena Headey, actrice britannique. Athalaric Né en , roi des Ostrogoths. Michel II empereur byzantin Né en , empereur byzantin de à François Arago Né le 26 février , astronome, physicien et homme politique français.

Ernest Renan Né le 28 février , écrivain, philosophe, philologue et historien français. Marcel Duchamp, peintre français Né le 28 juillet Dimitri Ier de Constantinople, patriarche de Constantinople depuis Né le 8 septembre Robert Bourassa Né le 14 juillet , homme politique canadien, premier ministre du Québec , puis Otto Guensche Né le 24 septembre , adjudant d'Adolf Hitler qui avait brûlé le corps du dictateur à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les Soviétiques ne puissent s'en emparer.

Francis Borelli Né le 8 avril , homme d'affaires français. Soe Win, premier ministre birman, meurt d'une leucémie Né le 10 mai Dominique Frémy Né le 5 mai , encyclopédiste français, fondateur du Quid. Eric Arturo Delvalle Né le 2 février , président de la République du Panama de 28 septembre au 26 février Elle débute le jeudi 1er octobre La dixième armée française de Louis Ernest de Maud'huy attaque la sixième armée allemande menée par le Kronprinz Rupprecht. L'offensive est un succès jusqu'à Douai.

Mais les troupes allemandes, renforcées par trois corps d'armée, lancent une contre-offensive qui renvoie les alliés vers Arras. Ceux-ci réussissent à tenir la ville mais laissent les Allemands avancer vers le Nord.

Du 4 au 6 octobre, la lutte bat son plein dans la région d'Arras. Le bombardement de celle-ci avait été minutieusement préparé. La ville subit alors de violents bombardements qui entraînent les premières destructions Hôtel de Ville et son beffroi. À la mi-novembre, après la bataille d'Ypres, le front se stabilise. C'est là que vont se dérouler de violents combats depuis l'offensive française du printemps 2ème bataille d'Artois jusqu'à celles menées par les Allemands puis les Alliés en Depuis, 15 autres pays ont adhéré à l'OCDE.

Lothaire Ier, empereur d'Occident Né en Charles de Blois, duc de Bretagne Né en René Goupil, missionnaire jésuite français et premier martyr catholique en Amérique du Nord, l'un des 8 martyrs canadiens Né le 15 mai Rudolf Diesel, ingénieur allemand, inventeur du moteur à combustion interne portant son nom Né le 18 mars Léon Bourgeois, homme politique français Président de la Chambre des députés, Ministre d'État, Président du Conseil des ministres français et ministre de l'Intérieur Né le 21 mai Stanislas-Arthur-Xavier Touchet, cardinal français Né le 13 novembre Né le 4 septembre Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat et homme politique français nationaliste Né le 12 octobre Tony Curtis, acteur et producteur américain Né le 3 juin Georges Charpak, physicien français, prix Nobel de physique en Né le 8 mars L'association est issue d'un vaste mouvement de protestation en faveur des Polonais, victimes en d'une féroce répression russe.

Son objectif est de coordonner les luttes de tous les pays. C'est un intellectuel allemand, réfugié à Londres depuis l'échec des révolutions de , qui rédige les statuts de l'Association internationale des travailleurs. Il a 46 ans et s'appelle… Karl Marx. En , il est surtout connu des syndicalistes et des socialistes par un opuscule qu'il a publié en avec son riche ami Friedrich Engels: Une IVe Internationale, concurrente des précédentes, fait également son apparition à l'initiative de Trotski, en Elle sera très en vogue parmi les jeunes contestataires français de Mai La IIe Internationale est relayée en France par la SFIO Section française de l'Internationale ouvrière , issu de la fusion, le 26 avril , de différents partis socialistes, dont celui, réformiste, de Jean Jaurès et celui, marxiste, de Jules Guesde.

Ses compromissions dans les guerres coloniales, sous l'autorité de Guy Mollet, l'amènent, le 4 mai , à changer son nom pour celui de Parti socialiste.

La Journée Mondiale du Tourisme a été célébrée à partir de , à l'initiative de l'OMT organisation mondiale du tourisme. L'objectif principal fixé par l'OMT est la prise de conscience de l'importance du tourisme du point de vue social, culturel, économique et même politique. Dans de nombreuses régions du globe, le tourisme arrive en tête des activités économiques, avec ses répercussions sur l'emploi, le brassage des populations, l'ouverture au monde et la circulation de l'information La date du 27 septembre a été retenue pour marquer l'anniversaire de l'adoption des statuts de l'OMT en Théodore Géricault, peintre français.

Bryan Ferry, chanteur britannique, cofondateur du groupe Roxy Music. Lynn Anderson, chanteuse américaine de musique country. Philippe Lavil, chanteur français. Olivia Newton-John, chanteuse britannique. Petro Porochenko, Président d'Ukraine depuis Anthony Kavanagh, humoriste canadien. Serena Williams, joueuse de tennis américaine. Valérie Bègue, Miss France Cindy Fabre, Miss France Le dimanche 25 septembre , la paix d'Augsbourg suspend les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne.

La paix d'Augsbourg consacre la division religieuse de l'Allemagne entre catholiques et luthériens. Elle repose sur un principe fondamental: Les princes et les seigneurs étaient désormais libres de choisir, pour eux et leurs vassaux, entre les deux confessions chrétiennes. Les habitants doivent accepter de se soumettre à la confession choisie par leur souverain sans quoi ils sont contraints de quitter l'état et ils perdent tous leurs biens.

Traité de Bâle marquant l'indépendance de facto des cantons suisses vis-à-vis du Saint Empire romain germanique. L'armée suisse attaque Dijon. La ville belge de Tournai se rend aux Anglais. Début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg: Louis XIV est opposé à presque toute l'Europe.

La France prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie. Le général de Gaulle constitue le Comité national français et réorganise le Conseil de défense de l'Empire. Elle est aujourd'hui l'une des meilleures compagnies aériennes du monde. Première conférence à Londres de représentants des colonies britanniques d'Afrique. Lancement du premier porte-avion nucléaire, le USS Entreprise.

La foule saccage et incendie l'ambassade du Portugal à Léopoldville Congo. Les maquisards afghans affirment avoir tué 1. Devant l'ampleur des critiques dirigées contre son gouvernement, le Premier ministre israélien Menahem Begin ordonne une enquête judiciaire sur les massacres dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Le prix du baril de pétrole dépasse le cap symbolique de 40 dollars. Signature sous l'égide de l'ONU d'un accord entre le gouvernement salvadorien et la guérilla mettant ainsi fin à la guerre civile qui a fait Israël fait percer un tunnel souterrain à Jérusalem passant le long du Mur des Lamentations et de l'Esplanade des mosquées, provoquant de violents affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens.

Accord à Belfast entre le Sinn Féin, l'aile politique de l'Armée républicaine irlandaise, et les dirigeants du Parti unioniste d'Ulster UUP , principal mouvement politique protestant d'Irlande du Nord, pour entamer les premières négociations multipartites de fond sur l'avenir de la province.

Le passage de l'ouragan George dans les Caraïbes fait plus de morts. La durée du mandat présidentiel passe de 7 à 5 ans en France. Près de 40 ans après la fin de la guerre d'Algérie, le président Jacques Chirac reconnaît pour la première fois que la France avait une "dette d'honneur" vis-à-vis des musulmans qui ont combattu dans l'armée française entre et Une météorite s'écrase dans la région de Bodaïbo.

Le Français Richard Virenque, sept fois détenteur du maillot de meilleur grimpeur du Tour de France, met fin à sa carrière cycliste. L'armée israélienne boucle la Cisjordanie et la Bande de Gaza à la suite de tirs de roquettes depuis Gaza. Jean-François Gonzague, marquis de Mantoue Né en Vincenzo Bellini, compositeur italien Né le 3 novembre Prosper Mérimée, écrivain français Né le 28 septembre Urbain Le Verrier, mathématicien, astronome, météorologue et homme politique français Né le 11 mars François Achille Bazaine, maréchal de France Né le 13 février Jules Chéret, peintre et lithographe français Né le 1er juin Sigmund Freud, neuropsychiatre autrichien Né le 6 mai Bourvil, acteur français Né le 27 juillet Pablo Neruda, poète, diplomate et journaliste chilien, prix Nobel de littérature en Né le 12 juillet Six champions sont couronnés.

Burke est disqualifié sur une faute sous la pression du clan de Ward1. Dès avant la guerre civile, les clubs new-yorkais se disputaient âprement les meilleurs joueurs. Comme le signale les auteurs américains, rien à voir ici avec les manières européennes de gentlemen.

Ce championnat est créé en réaction à celui de la Football League qui ne comprend que des clubs du Nord et du centre du pays.

Le Sud est en effet bien plus conservateur sur la question du professionnalisme. Neuf formations disputent la Division 1 ; sept autres forment la division 2.

Charles Hoff porte le record du monde du saut à la perche à 4,12 m. Zhu Jianhua porte le record du monde du saut en hauteur à 2,38 mètres. Jeannie Longo, triple championne du monde de cyclisme sur piste, améliore son propre record du monde de l'heure en parcourant 44, km.

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Le sexe simple sexe a gogo


Nous nous adressons à tous et chacun, effrayés ou ignorants de ce monde qui s'embrase, sympathisants ou fuyants de ce monde qui s'effondre, assommés de mots quotidiens martelés par des gens inconnus derrière l'écran de la télé d'Etat, tels "crise", "sécurité", "stabilité", "catastrophe", "chômage", "insécurité", "urgence", "désastre", "économie", "bourses", "marchés", qui s'alternent dans l'indifférence médiatique avec "football", "stars", "people", "nouvel écran plat".

A tous ceux qui n'ont pas le temps de parler avant qu'on parle à leur place. A tous ceux qui n'ont pas le temps de vivre avant qu'on les détermine à leur place. A tous ceux qui craquent et à qui on parle comme des enfants attardés.

Depuis et les nouvelles offensives, toujours plus violentes, du Capital à travers le monde, de nouveaux élans de résistance populaire se confrontent à la bourgeoisie régnante et à l'Etat répressif. La spirale des troubles et de cette guerre de classe a commencé dans le "monde arabe" avec les révolutions en Tunisie, Egypte, Lybie, Bahrein, Syrie, qui continuent encore.

Pour balayer tous leurs ennemis. A mesure que la crise et la casse sociale s'aggravent, des villes s'embrasent et la révolte s'étend. En huit mois, de l'été au printemps , les capitales européennes des pays les plus touchés socialement ont brûlé: Londres du 6 au 11 août , Rome le 15 octobre , Athènes le 12 février , Barcelone et Madrid le 29 mars La grève générale illimitée reste la première arme révolutionnaire de notre classe.

C'est la seule arme qui peut faire changer la peur de camp: Il n'y a pas de "vous", il n'y a pas "les autres", il n'y a pas "c'est la vie", il n'y a pas "là-bas", il n'y a pas "de toute façon", il n'y a qu'un nous.

Nous qui travaillons et galèrons, nous à qui "les fins de mois" est une question quasi- existentielle, nous qui sommes des hommes, des femmes, simples, anonymes, qui voulons avant tout nous en sortir. Nous qui voulons avant tout nous nourrir, nous loger, nous vêtir, avoir des enfants sans nous sacrifier ni les sacrifier. Et nous sommes ces hommes, ces femmes, simples, anonymes, avant d'être des "clients", des "élèves", des "ménages", des "citoyens", des "consommateurs", des "actifs", des "inactifs", et nous avons des conditions de vie communes.

Pour combler nos nécessités humaines, pour nous vêtir, nous loger, nous nourrir, subvenir nos enfants, nous devons travailler ou chercher du travail. Notre quotidien, nos conditions de vie sont communes: Ceux sans travail n'ont droit ni à se loger, ni à se vêtir, ni à se nourrir, ni à subvenir ces enfants. Nous, c'est tous ceux qui se sont posés au moins une fois la question "comment s'en sortir?

Dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque pays, sur chaque continent, nous sommes la masse innombrable qui nous posons au moins une fois la question "comment s'en sortir? Et dans chaque ville, dans chaque pays, sur chaque continent, il y a une poignée de personnes qui ne se sont jamais posés cette question. Ils sont riches, l'ont toujours été et ne se posent que leur seule question possible: Cette poignée de personnes, nous ne les croisons jamais dans notre quotidien, ils ne font pas partie de nos vies.

Pourtant ce sont eux qui déterminent selon leurs nécessités propres et leur seule question toute la réalité quotidienne de nos vies. Ce sont les grands propriétaires, les PDG, les grands patrons, les multinationales, les directeurs banquiers, les chefs d'Etat, les ministres, les députés, les sénateurs, les préfets.

Tous ceux-ci étant au service exclusif de ceux plus riches et plus puissants encore, les décideurs du monde, les décideurs du sort de la planète et de peuples entiers, et de nos vies particulières. Ces décideurs sont encore plus invisibles, n'ont ni nom ni visage, et ont créé toutes sortes d'instance en abréviation pour augmenter leur puissance et leur richesse, ces instances qui n'ont de sens réel pour nous que comme abréviation: Il y a nous, la classe des exploités. Il y a eux, la classe des exploiteurs.

Et il n'y a de rapport entre ces deux classes qu'un rapport de guerre. Nous sommes ceux qui dès l'enfance parfois se demandent "comment s'en sortir", et ils sont ceux qui décident à notre place comment nous devons vivre et déterminent comment, à notre place, "s'en sortir". Selon leurs critères, leurs nécessités, leurs exigences: Et à partir de là calculer, investir, écraser. Ces critères, ces nécessités, ces exigences, ne sont pas les nôtres. Et à partir de là rencontrer, voyager, aimer.

Nous sommes ceux qui "sont payés", ils sont ceux qui "payent"; nous sommes ceux qui construisons, ils sont ceux qui se pavanent; nous sommes ceux qui produisons, ils sont ceux qui se goinfrent; nous sommes ceux qui travaillons, ils sont ceux qui se dorlotent; nous sommes ceux qui tenons le plateau, ils sont ceux qui se servent; nous sommes ceux qui cirons leurs chaussures, érigeons leurs palaces, gérons leurs dossiers, récurons leurs chiottes, administrons leurs rendez-vous, rédigeons leurs mémoires, médiatisons leurs débats, assurons leur sécurité, produisons leurs intérêts, suons leurs richesses, votons leurs puissances, applaudissons leurs discours, remercions leurs promesses, attendons leurs patiences, craignons leurs décisions, espérons leurs clémences, louons leurs propriétés.

Nous sommes ceux qui travaillons, ils sont ceux qui décident, décrètent. Nous sommes ceux qui sommes licenciés, ils sont ceux qui le décident.

Nous sommes ceux qui créons la richesse, ils sont ceux qui nous la confisquent. Nous sommes ceux qui construisons des maisons et des appartements, ils sont ceux qui les achètent. Nous sommes ceux qui payons des loyers, ils sont ceux qui décident de leur montant. Nous sommes ceux qui travaillons la terre et le pain, ils sont ceux qui les détiennent.

Nous sommes ceux qui payons la nourriture, ils sont ceux qui décident des tarifs. Nous sommes ceux qui rendons possible la grande distribution, ils sont ceux qui décident des prix. Nous sommes ceux qui utilisons les transports en commun, ils sont ceux qui les rendent payants.

Nous sommes ceux qui étudions, ils sont ceux qui décident du contenu et de la valeur des études. Nous sommes ceux qui allons à l'école, ils sont ceux qui décident du contenu et de la valeur de l'éducation. Nous sommes ceux qui allons dans les hôpitaux, ils sont ceux qui décident des moyens et de la valeur de la santé.

Nous sommes leurs esclaves-salariés. Les lois du Capital et de ceux qui le détiennent, la bourgeoisie, ont fait de nous depuis plusieurs siècles leur main d'oeuvre, un prolétariat. Ils sont ceux qui détiennent les armes, nous sommes ceux qui les appréhendons. Ils sont ceux qui construisent les prisons, nous sommes ceux qui les remplissons. Ils sont ceux qui créent les frontières, nous sommes ceux qui les subissons. Ils sont ceux qui licencient, nous sommes ceux qui nous prenons des lacrymos pour oser l'avoir refusé.

Ils sont ceux qui décrètent les guerres, nous sommes ceux qui y mourront. Ils ont le monopôle de la violence et du jugement, nous n'avons que le droit d'être violentés et jugés. Ils nous divisent entre "violents" et "non-violents" alors que ce sont eux qui ont matraques et gaz pour nous réprimer tous. Leur violence est légale, la nôtre est légitime.

Leur justice emprisonne, notre justice soude et libère. Leurs polices servent de justice, leur justice sert de paix. Si telle est leur justice, il n'y a pas de paix, mais qu'une terreur policière qui protège les riches.

Si telle est leur paix, la police est partout et la justice nulle part. Toute révolte est juste si elle ne se trompe pas d'ennemis. L'ennemi n'est pas le "pauvre", "l'arabe" ou la "banlieue" mais le riche et le puissant qui ont créé la pauvreté et le ghetto-banlieue et qui ont choisi d'y enfermer toute personne de couleur et anciens colonisés pour maintenir la division. Avant d'être arabe, noir, blanc, nous sommes des gens qui voulons nous en sortir, soumis au même sytème qui créée de la peur entre nous pour se faire oublier.

Le racisme est une arme des puissants, des riches et de l'État. Eux qui construisent les murs qui nous divisent et les impasses qui nous bloquent, les barbelés périphériques qui nous séparent et les polices qui nous sélectionnent.

La seule violence est celle de la puissance financière qui décide de nos vies. La seule violence est celle de l'Etat qui décide de notre valeur. La seule violence est celle de la police qui décide de notre "paix". Face à cela, toute notre résistance ne sera que défense et autodéfense. Seuls l'État et le Capital anticipent notre colère, nous qui avons du mal à anticiper notre propre misère.

Ils se dotent de toutes les armes possibles, qui tuent et assassinent de manière "non létale". Des lycéens perdent leurs yeux sous les balles en caoutchouc pour défendre leurs études, des "banlieusards" perdent leurs vies accusés d'être pauvres de couleur et "ex"-colonisés, des sidérurgistes perdent leur dignité par les coups de matraque pour défendre leur emploi, des personnes âgées et des enfants se font gazer pour défendre le droit à la retraite.

Guerre de classe, et nécessité fait loi. Nécessités humaines et naturelles contre nécessités économiques de profit et de puissance. La "démocratie représentative" est le nom donné par les puissants à un système où les règles du jeu et ses cartes sont détenus par les riches et les puissants. Et nous qui cherchons à nous en sortir dépendons des cartes sociales que les riches veulent bien nous distribuer.

Mais ce sont toujours eux qui les distribuent. Ce ne sont pas les cartes qu'il faut changer, mais le jeu lui-même. Parce que nos vies et celles de nos enfants ne sont pas un jeu. A nous de faire en sorte que les riches ne jouent plus avec nos vies selon leurs propres joker et leurs propres bonus. C'est eux qui décident de la case de départ et de la case d'arrivée de chacun d'entre nous, et nous sommes condamnés à respecter les parcours qu'ils nous distribuent.

Soyons notre propre case de départ et notre propre case d'arrivée à la fois, soyons notre propre parcours, éjectons les riches et les puissants du jeu. Notre monde n'est pas le leur, nos nécessités ne sont pas les leurs, nos envies et nos besoins ne sont pas les leurs. Déterminons nous-mêmes nos propres vies. Les "élections démocratiques et représentatives" sont l'illusion à nous faire changer de couleur. Le "pic" peut devenir "carreau" ou "trèfle", les cartes restent les mêmes, et ce sont toujours les mêmes qui les détiennent.

Et nous sommes leur mise, leur gain, leur enjeu. Leurs principales armes pour nous faire accepter leur diktat financier sont la peur et le chantage. Peur de la banlieue, peur de l'autre, peur d'être solidaire, peur de se défendre, peur de faire grève, peur d'étudier sans travail au bout, peur du chômage, peur de son patron, peur d'avoir peur.

La crise créée de la peur, elle est la peur, se veut notre peur pour avancer et imposer ses mesures. La question s'est posée en Tunisie, en Egypte, en Lybie, en Syrie, elle se pose aujourd'hui en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, commence à se poser en France et aux Etats-Unis, et finalement est la question que nous nous posons tous: Pour ne plus avoir peur, il faut que la peur change de camp.

A la finance d'avoir peur de notre colère, aux puissants d'avoir peur des sans-travail, aux policiers d'avoir peur de notre solidarité. Nous avons l'impression d'être dépassé, de ne plus comprendre ce qui se passe dans nos vies, de devoir se fier et avoir confiance en ceux qui détruisent nos vies pour qu'ils la protègent, mais la seule réponse à nos angoisses et notre urgence est le rapport à notre histoire, notre propre histoire, notre histoire de classe qui est une histoire de lutte et de combat.

L'histoire n'est pas celle des chefs d'Etat ou des "grands noms", des "grands hommes", l'histoire n'est pas celle des dominants et des puissants, elle est faite et se fait toujours par les petites gens, les anonymes que nous sommes, les hommes et femmes simples que nous sommes fiers d'être.

Les Tunisiens et les Egyptiens nous l'ont montré, et aujourd'hui ce sont les puissants qui ont peur "des gens", de ces gens qui font leur propre histoire, qui veulent leur propre victoire.

Et ils ont peur que nous soyons l'écho, l'onde de choc en Europe des secousses tunisiennes, égyptiennes, lybiennes et syriennes. Un appel de solidarité internationale. Entre les hommes, les femmes, simples, anonymes. Ceci est un appel au combat. Avec et pour le peuple grec assassiné. Avec et pour tous les peuples. Un appel à descendre dans la rue, occuper les lieux de travail, faire grève des loyers et des factures, occuper et paralyser les lieux de pouvoir, constituer des Comités de Quartiers, envahir et occuper les immeubles vides, occuper les ministères, les hôtels de ville, les mairies, laisser les banques s'effondrer, assiéger le Parlement.

Par dizaines, par centaines, par milliers, par centaines de milliers. Les nôtres, ceux de chacun, ceux de tous. Pour tous les hommes, toutes les femmes, simples, anonymes, et contre leurs patrons, leurs polices, leurs menaces, leurs chantages, leurs puissances, nos seules armes sont la solidarité, la détermination, l'auto-organisation par et pour nous-mêmes.

Nous sommes notre propre nécessité, notre propre ambition, notre propre pouvoir. De l'indignation à la révolte, de la révolte à l'émeute, de l'émeute à la grève sauvage émeutière, de la grève sauvage émeutière à l'insurrection.

Désormais nous avons compris, et nous n'avons plus peur: Nous ne comptons que sur notre propre force, sur notre propre capacité à organiser nous-mêmes nos vies, sur notre propre solidarité. L'insurrection ne sera ni "civique" ni "citoyenne", elle est confrontation de classe.

Nous sommes non-violents avec ceux qui sont non-violents avec nous, mais nous revendiquons l'autodéfense par tous les moyens nécessaires contre toute violence à notre encontre. Cette violence est permanente, quotidienne, omniprésente, c'est la violence capitaliste. Se confronter à la police ou bloquer une entreprise relève de l'autodéfense contre la violence de licenciements de masse ou de hausse des factures.

Bloquons leur économie et que la peur change de camp, comme lors du blocage des raffineries à l'automne Réapproprions-nous nos outils de travail quand ils veulent les fermer, créons des Assemblées de Quartiers et développons la démocratie directe, la seule à laquelle nous aspirons. Pour reprendre nos vies en main, ici, maintenant, nous-mêmes.

Là où nous vivons et travaillons. Exproprions les richesses qu'ils nous ont volé, créons des Comités d'Autodéfense de Précaires et Chômeurs.

N'attendons pas d'être pris dans l'urgence comme le sont les peuples grecs et espagnols aujourd'hui. Le désastre, nous y sommes déjà et il ne fera que s'aggraver, et arriver. Alors que capitalisme, crise et désastre sont déjà là. Cette impression commune que le ras-le-bol, la révolte, l'explosion, vont arriver. Alors que ras-le-bol, révolte et explosion sont déjà là. S'indigner ou prendre acte. Tout de nous, rien d'eux. I — Misère des élections présidentielles.

Ils proposent chacun une gestion un peu différente de notre prison: En partant du Printemps , Paris, Il apparaît en effet comme de plus en plus évident que tous et toutes sont portés par une commune vision du monde.

On cherche malgré tout à nous vendre un candidat comme marchandise performante, dans un mauvais spectacle déprimant de vacuité se répétant à chaque campagne présidentielle.

Pourtant, aucun changement réellement positif ne peut venir des urnes: Quelles options se proposent à nous à chaque élection, et notamment celle-ci?

Un libéralisme social-démocrate dégoulinant de renoncements, de mensonges et de sang. Il y a là une contradiction insoluble. Mais cette contestation vaine nous révèle quelque chose. À parler leur langage nous nous rendons impuissants.

Impuissants car condamnés à la répétition du même. En conséquence, des contingents toujours plus importants de ces populations se sont enfuis vers des centres en moins piètre état. Les policiers peuvent légalement fouiller, frapper ou encore séquestrer dans un commissariat des individus, contrairement aux autres citoyens. Schuurman, Le travail est un crime, Il paraît que tout le monde aime la liberté. Pourtant, la plupart des gens considèrent aussi le travail comme une valeur fondamentale, à inculquer aux jeunes, un devoir et un droit à préserver.

Son terme cousin, travail, a lui pendant longtemps exprimé les idées de tourment, de peine et de fatigue. Travailler pour exister, exister pour travailler. Il est notre droit de nous loger, de nous nourrir, de nous vêtir, il est notre droit de vivre. Et alors même que le capitalisme, qui a besoin de cette frénésie du travail pour exister, produit des ravages de plus en plus visibles à tous les niveaux de nos existences, dans des régions toujours plus étendues et pour une durée toujours plus longue, le travail demeure un horizon indépassable pour la conception de notre existence.

Nous sommes tellement empêtrés dans cette religion du travail qui est, comme toute religion, une organisation du mensonge que nous ne réalisons pas que nous passons notre vie dans un gigantesque camp de travail. Que même quand nous y échappons pour un moment nous passons notre temps à faire travailler les autres, par la consommation de biens et de services. Nous aimons nous voir comme des personnes indépendantes et libres qui vaquent à leurs occupations, quand nous sommes en réalité des travailleurs forcés de rejoindre leur poste.

Pourtant, tout le monde aime la liberté, on vous dit. A quelques exceptions près donc, travailler est une horrible chose qui débouche sur une immense accumulation de souffrance. Que les plus raisonnables se rassurent: Ceux qui pensent le contraire ne doivent vraiment pas beaucoup aimer la liberté. Le monde, ou rien. Le statu quo est tout aussi immonde. Et les médias jouent parfaitement leur rôle, faisant planer une menace diffuse, pluridirectionnelle et omniprésente, implantant jour après jour la peur dans chaque conscience, avec une abnégation remarquable.

Que dans ces moments de lutte se tissent des liens, naissent des amours, émergent des projets communs, se créent des communautés de résistance. Nous voulons faire autre chose que travailler. Nous voulons vivre autre chose que cette survie, cette sous-vie.

Nous voulons habiter autre chose que ce taudis. Nous voulons créer autre chose que cette destruction. Le capitalisme façonne des subjectivités à son image et selon sa logique: Les révoltes de la vie ont transformé, transforment, transformeront nos subjectivités, avant même que dans une société nouvelle, de nouvelles vies émergent de nouvelles subjectivités. Nous souffrons de devoir obéir à des impératifs absurdes, avilissants, destructeurs.

Nous souffrons de devoir exécuter ces impératifs dans des conditions éprouvantes, voire dangereuses. Nous souffrons de cette activité indifférenciée, absurde, destructrice. Nous souffrons de rentrer vidés, de ne pas pouvoir vivre. Nous souffrons de souffrir seul, de devoir nous cacher notre souffrance, de nous mentir, de ne pas pouvoir parler de notre souffrance, de devoir cacher celle-ci aux autres.

Comme des esclaves, nous avons une compensation, eux en nature, nous en argent. Avec ou sans proxénète, nous sommes tous des prostitué. Nous sommes des robots travailleurs, en tchèque , des individus réduits à des machines productrices. Nous sommes soumis au capitalisme, ce Moloch insatiable, ce train aveugle écrasant tout sur son passage. Nous nous intéressons peu à la massification, les pétitions sont signées puis oubliées, les cortèges défilent et rentrent chez eux, les vitrines sont brisées puis réparées, les murs tagués puis nettoyés.

Il nous faut créer. Il nous faut nous créer. Un mouvement ouvre une brèche, crée une coupure temporelle, une rupture dans le déroulement linéaire de nos vies. De nouvelles subjectivités émergeront de ces nouvelles vies, épanouies dans une diversité non-finie du faire. Le temps sera celui de notre vie et de ses activités, non celui des montres et du travail. Les communes seront, ainsi, sans masculinité viriliste, celle du sujet capitaliste, insensible, impitoyable, suprémaciste, et sans féminité soumise, subordonnée, dissociée.

Elles seront, de même, sans sujet colonial, raciste, dominateur, exploiteur, et sans sujet indigène, racisé, dominé, exploité.

Au niveau des techniques, nous détournerons des techniques détournables, nous détruirons des techniques indétournables bombes nucléaires, centrales nucléaires, etc. Ce sera notre monde, ou rien. Ce ne sera pas ce monde de mort, mais la mort de ce monde.

Crevons cette société morbide, moderne, capitaliste, colonialiste-raciste, patriarcale, étatiste, hétéronome, hiérarchique, totalitaire. Créons une société vivante, nouvelle, non-marchande, égalitaire, libertaire, autonome, horizontale, plurielle.

Créons une vie de désir, cette vie que nous désirons, que nous décidons. Soyons résolus à ne pas mourir, et nous voilà vivre. Ce sera notre histoire, cette fois. Cette société nous offre seulement une lutte pour la survie de base dans laquelle nous ne sommes rien sauf une force de travail et des consommateurs. Les vêtements de marque, les nouveaux téléphones mobiles et les écrans plasma, les voitures en leasing et les prêts hypothécaires, les sorties du samedi soir, les émissions de télé et les idylles familiales dans les centres commerciaux seront-ils des produits de substitution suffisant pour une vie vraiment humaine?

Est-ce tout ce que nous désirons vraiment et ce dont nous avons vraiment besoin? Nous vendons notre temps et notre énergie, notre force de travail, à la classe des bourgeois qui possèdent les moyens de production. Quel que soit ce que nous gagnons, dès que nous avons dépensé notre salaire, nous devons à nouveau nous précipiter au travail.

Nous vendons notre force de travail comme une marchandise à des patrons individuels et aussi à la bourgeoisie toute entière, et dès lors ce sont eux qui la contrôlent, qui la possèdent et qui en profitent vraiment. Toute la société nous est étrangère: Par conséquent, la dictature du Capital règne aussi en dehors du travail. Les loisirs que nous cherchons en font partie. Notre travail est une marchandise comme aucune autre: Le profit est réinvesti dans des moyens de production, dans la production de nouveaux capitaux qui tous sont la propriété contrôlée, possédée et vendue par les bourgeois.

Les citoyens atomisés, qui parviennent à une unité artificielle à travers une sphère séparée de politique nationale, sont une caractéristique commune des États parlementaires, staliniens, fascistes ou même islamistes. Ce sont là des organisations de la bourgeoisie en tant que classe, qui se développent à partir des rapports sociaux de la société de classe.

Comme tels, ils doivent être détruits et non pas réformés. Par conséquent, les prolétaires luttent contre toutes les formes du gauchisme: Nous combattons pour une libre auto-organisation égalitaire.

Maintenant que nous sommes remontés à la racine du syndrome, nous allons commencer à comprendre que les tableaux ont des points communs. Pourtant, avec un soupçon de conscience, peut-on se réjouir de la guerre?

Or la guerre est toujours triste et la victoire jamais acquise, et dans toutes les hypothèses, jamais pour les deux protagonistes à la fois. Le travail culturel est donc passé par là pour nettoyer le chemin vers la guerre. Voici les liens qui apparaissent entre le champ de bataille boueux et un capitalisme tout aussi crasseux.

Pourquoi partir si joyeusement à la guerre capitaliste? Et peu importe si la promesse est bidon en réalité, elle est une croyance quasi religieuse, un dogme, une norme. Cet écran qui verse sans discernement des images de tous types, informations, désinformation, séries, publicités, divertissements, et ce, 24h sur 24h. La recherche insatiable du plaisir nous fait nous détourner du sens des champs de batailles capitalistes qui détruisent la nature et la vie en notre nom pour produire nos objets pour la plupart inutiles et polluants.

Nous avons à loisir le choix entre des objets censés assouvir nos frustrations existentielles et des spectacles sur écrans qui nous divertissent. Dans le monde réel on ne peut pas quitter le champ de bataille. Bienvenue dans la réalité. Revenons à la guerre économique. Nous sommes alors enchaînés à la réalité de cette bataille économique où nous comprenons que tout ce à quoi nous avons cru nous est maintenant infernal, insupportable, car nous perdons tout nos repères, nos espoirs, nos croyances devant la réalité nue.

Où sont les promesses? Qui payera les crédits? Où sont passé les jours meilleurs qui justifiaient mon sacrifice quotidien au travail 8 heures par jour? Sans travail qui suis-je? Sans argent qui suis-je? Qui suis-je hors de la norme? Et le cancer contracté au travail à respirer des effluves toxiques, qui est responsable maintenant? Et ma femme, et mon mari qui se détourne au moment difficile de la vie sans travail? Absent à soi-même au milieu du champ de bataille économique, le chaos comme seule référence existentielle.

Ce désastre ne nous apparaît malheureusement que lorsque nous sommes touchés directement, ce moment où nous sommes exclus de la norme du travail et de la consommation. Sans parler des fumées toxiques des usines qui produisent à la chaîne des objets industriels toujours nouveaux qui viennent titiller le désir sans fin de nos regards sans vie rivés à la lueur électrique sur nos écrans bariolés.

Les écrans publicitaires nous font avaler cette agriculture comme des aliments qui sont des ersatz depuis longtemps sous de fausses promesses trop sucrées, trop salées et trop grasses. Nous savons maintenant ce que valent les promesses capitalistes.

Du plaisir frelaté qui empoisonne la vie sous toutes ses formes. Qui décide la norme? Qui orchestre la promesse de cet avenir radieux de plaisirs empoisonnés? Inventer une nouvelle culture commune où la vie et son expansion sous toutes ses formes sera centrale. Vivons de peu, ensemble et avec joie. En quittant le champ de bataille, en nous détournant de la norme car tout est à inventer. Une sorte de mimétisme collectif organisant une norme qui devient dogme, une quasi religion impossible à remettre en question.

La Terre ne pourra supporter encore bien longtemps la guerre que nous lui faisons et qui prend maintenant un tour tragique. Il est question de notre cadre de vie, le cadre réel de nos existences au moment où nous quittons les écrans des yeux pour vivre pour de vrai.

Qui peut discuter devant la vague de 10 mètres de haut? Pas même une centrale nucléaire? À quoi sert de voter si la couche atmosphérique est trop fine pour nous protéger du soleil durablement, nous promettant un cancer de la peau mondial, ou des rayonnements que nos organes internes ne pourraient supporter? Ces personnes surpuissantes et immensément riches forment le symbole monstrueux et hypertrophié du capitalisme.

Elles sont les inventrices de la croyance dogmatique dans la science et la technique pour un soi-disant avenir radieux qui forme des montagnes de déchets ingérables. Projetons le nouveau champ de bataille et que voyons-nous? Des robots, mais pour se battre contre qui? Pour finir immanquablement à nouveau dans la boucherie commune faute de robot. Pourtant la question à résoudre depuis la nuit des temps reste inchangée: La bataille économique prend la même tournure, et sur le champ de bataille sont entrés les robots.

La question que nous devrions donc tous nous poser est: Le microcosme élitiste mondial a-t-il encore besoin de travailleurs finalement? Probablement que non, les robots suffiront. Autant dire tous les attributs de la guerre. La trajectoire de nos sociétés collectives délirantes reste invariablement inchangée. Ne remplaçons plus, réparons, faisons de peu. Revenons à la vie réelle. Développons le zéro déchet comme trajectoire et comme indicateur de respect de la vie.

Cultivons nous, apprenons des grands penseurs humanistes et reliés à la vie, produisons la nouvelle culture commune vivante, indépendante du capital, reliée les uns aux autres et au vivant. Nous ne pouvons et ne devons compter que sur nous-mêmes et nos propres capacités à renverser ce monde et ses contradictions internes ô combien meurtrières! Ils refusent de gérer leur troupeau par ordinateur et de se conformer aux nécessités de la production industrielle, comme la traçabilité.

Mais pour les humains que nous sommes encore, loin de mettre un terme aux travaux pénibles, ce processus est le progrès de notre dépossession. Elle nous oblige à saisir des données. Elle produit ensuite des statistiques et des algorithmes pour découper, standardiser et contrôler le travail. Bien souvent, ce sera les deux. Les machines deviennent nos seuls interlocuteurs. Mettre en valeur les savoir-faire autonomes et le temps de leur élaboration est devenu une lutte quotidienne.

La préténdue dématérialisation consacre en fait la surexploitation des ressources: Nous constatons que les syndicats ont renoncé à le faire. Nous voulons continuer à nous soutenir dans nos luttes en affirmant des choix communs et en coordonnant nos actions publiques: Non seulement ceux qui nous critiquent, mais aussi des lecteurs et de proches camarades ont été surpris que nous insistions une fois de plus sur le léninisme, le bolchevisme, le stalinisme Le léninisme est utilisé non seulement par les staliniens, les trotskystes, les zinoviévistes, les gramsciens On nous dira que ce dualisme est essentiel à toutes les formes de domination capitaliste et que ces dernières ne sont pas le fruit du léninisme, ni de la social-démocratie.

Néanmoins, en tant que prolétaires exploités en lutte contre le capital et ses États, ce sont les formes précises dans lesquelles cette domination se structure qui nous intéressent au premier plan, et plus particulièrement les formes de domination destinées aux prolétaires conçues pour canaliser ceux qui se battent contre cette société.

Le raffinement suprême dans la liquidation de la force révolutionnaire est précisément sa transformation historique et son embrigadement dans le front unique, puis le front populaire, le front national et, pour finir, sa soumission à la guerre impérialiste et son massacre généralisé.

Les physionomies ou appellations peuvent varier mais toutes les formes de domination et liquidation du prolétariat autonome utilisent les bases de la social-démocratie et leur perfectionnement effectué par Lénine et ses différentes et nombreuses variantes. Ceci est la conséquence logique du programme de développement du capitalisme appliqué dès le début par Lénine et les siens: La traduction exacte du terme Tcheka est: Dès la création de la Tcheka en décembre , sous la direction de Dzerjinski ex-S.

Les camps de travail forcés commenceront à fonctionner dès , année où plusieurs camps sont créés. En , la direction de la police politique en contrôlera cinquante-six. Lors du second anniversaire de , la Pravda écrit fièrement: La première grande rafle aura lieu dans la nuit du 11 au 12 avril contre des organisations qui se définissent anarchistes, et surprendra par une dureté inusitée. Lors de cette rafle, plus de 1. Le nombre de tchékistes passera de en décembre à Si les droits des travailleurs sont remis en cause, le mouvement de contestation sociale qui vient dénoncer cette remise en cause se voit confronté à un problème d'ordre théorique et stratégique.

Des lois comme la loi El Khomri sont d'abord riches d'enseignement. D'une certaine manière, et de façon paradoxale, ce système s'auto-dénonce. Cet aveu est une aubaine: Une démonstration aussi radicale d'un mépris institutionnalisé est un appel à l'insurrection. Celui qui provoque s'attend à une réaction proportionnée à l'ampleur de la provocation. La loi El Khomri sera une ultime provocation, qui appelle une réponse à la mesure du scandale.

Il y a là plutôt un saut qualitatif qui se joue. Le système de la valeur accumulée montre son vrai visage, et il faudrait savoir saisir cette occasion. L'inconscient des agents d'entretien du système républicain est un vaste champ de ruines que nous pourrions explorer.

Ici, des idéaux de jeunesse abandonnés, des renoncements, des abdications. Une parole émerge alors, au sein de ce marasme pathétique: Et soudainement, ils nous délivrent, indirectement mais certainement, une amère vérité, que nous avions préféré ne plus voir: De même, un système qui rend possible des lois comme la loi El Khomri est un appel à sa radicale remise en cause, à sa radicale destruction.

Inconsciemment, les agents d'entretien du système républicain, en proposant ou en soutenant des projets aussi scandaleusement négateurs de l'humain, savent qu'ils susciteront une réaction proportionnée: Il faudrait donc que nous puissions nous situer à la mesure du scandale.

Deux options sont à envisager dans ce mouvement de lutte contre la loi El Khomri: Les deux options, bien sûr, ne s'excluent pas mutuellement. D'abord, dans un contexte qui n'est pas encore révolutionnaire, il faut bien sûr défendre les droits des travailleurs s'ils sont menacés, dans la mesure où, tant que le capitalisme n'a pas été détruit, il faut pourtant bien vivre, et ce dans les meilleures conditions possibles.

Mais il devrait être possible aussi, et même nécessaire il me semble, de tenir ensemble les deux finalités: La focalisation présente sur la loi El Khomri qui n'est pas qu'un prétexte, mais plutôt un détonateur ne se priverait pas d'un horizon révolutionnaire, et d'un projet post-capitaliste. La loi El Khomri nous dévoile l'être du travail en régime capitaliste.

Sachons retenir cette leçon. Quelle est cette leçon? Le travail, d'abord, est en crise. La révolution micro-informatique a rendu de moins en moins indispensable le travail vivant.

Le recours massif à l'automatisation de la production, permettant des gains concurrentiels, produit une inutilité relative d'un bon nombre de travailleurs. Mais précisément, cette inutilité n'est que relative: Face à cette contradiction, le capitalisme se confronte à une radicale et irréversible dévalorisation de la valeur. Le travail, devenu inutile, se met à affirmer son irréductible nécessité.

La traduction politique de cette tension inhérente au capitalisme n'est pas une ultime reconnaissance des travailleurs, mais bien plutôt leur précarisation irrémédiable, via une législation appropriée: La loi El Khomri nous dévoile l'être de l'État républicain en régime capitalise. L'État n'est plus que le gestionnaire du capitalisme. Ses finalités productivité, compétitivité peuvent toutes être ramenées à la notion de profit profit qui concerne une infime minorité de la population.

La manière dont il définit sa gestion du tout social renvoie à une façon de privilégier systématiquement un ensemble d'intérêts privés négateurs du bien-être commun.

Mais tout universel abstrait, pourtant, recouvre un particulier concret à tendance totalitaire se faisant passer fallacieusement pour le tout là où il n'est qu'une partie non représentative de ce tout. Avec des lois comme la loi El Khomri, l'État républicain nous fait un aveu: Prendre acte de cet aveu, c'est prendre acte d'un fait important: Sur ce point donc, écoutons-les, et soyons conformes à leur souhait inconscient: Le capitaliste achète des facteurs de production AM , puis voit sa valeur de départ augmenter A' dans la mesure où le travailleur a effectué un surtravail.

Dans ce procès, c'est l'argent en tant qu'abstraction quantitative qui est au départ et à l'arrivée du mouvement. Ne compte que l'abstraction en tant qu'abstraction. La finance ne produit ce qu'elle produit que parce qu'elle est dépendante d'une sphère productive en elle-même folle et absurde: Donc si l'on déplore la folie financière chose stratégiquement dangereuse , on est en train de dénoncer les catégories du travail, de la valeur, de l'argent, de la marchandise. Elle doit créer de nouveaux points de vue.

Car c'est au sein de la logique de ces catégories que se situe le point critique: Autant dire qu'il s'agirait d'embourgeoiser les prolétaires mais alors, ils ne seront plus jamais susceptibles de lutter par la suite. Il ne remet pas en cause le système de la valeur ou du salariat, mais tend au contraire à les magnifier. Par ailleurs, en maintenant une logique étatiste, dans son utopie niaise et irréalisable, il oublie que la logique de l'État, historiquement, est celle des Etats-nations.

Il n'y a pas d'étatisation sans nationalisme. Et, par ailleurs, il n'y a pas de nationalisme en dehors du cadre du libre-échange. Les Etats-nations se sont constitués dans le cadre d'une économie de marché qui tendait à se mondialiser, dans laquelle les Etats, partenaires ou concurrents, devaient souscrire aux injonctions associées à l'accumulation de la valeur.

Il est proprement impossible, dans cette mesure, de proposer une remise en cause des règles du jeu capitaliste dans un cadre étatique, c'est-à-dire dans un cadre nationaliste. Ce ne peuvent être de tels individus, trop bien installés dans une institution qui ne voit pas en eux un bien grand danger, qui pourraient porter un discours alternatif à la mesure des enjeux soulevés par le mouvement de lutte sociale contre la loi El Khomri.

Nous ne saurions non plus revendiquer l'avènement d'un nouvel Etat Providence. Par ailleurs, l'État Providence aura tendance à purifier la logique de la valeur, soit à consolider le système économique par lequel nul contrôle humain conscient n'est possible. Pire, l'État Providence, outre le fait qu'il ne peut jamais être durable, selon une mécanique cyclique inexorable, tend à retarder la crise, et à faire oublier les aberrations et les folies qui se développent souterrainement.

Nous ne pouvons souhaiter un retour aux trente glorieuses: Des simples réformes politiques, formulées dans le langage de la politique dans le langage du pouvoir séparé de la pensée et de la pensée séparée du pouvoir ne sont absolument pas utiles. Ce genre de projet est même pernicieux, dans la mesure où il tend à réduire le point critique à de pseudo-enjeux de souveraineté citoyenne, là où le problème se situe davantage au niveau des rapports de production.

Mélenchon, avec sa sixième République, sa nouvelle Constitution, est inepte, outre le fait qu'il développe un populisme rance, un communisme-capitaliste, et une nationalisme déguisé: Étienne Chouard, dont la pauvreté intellectuelle n'est plus à prouver, en bon confusionniste rouge-brun, mélange populisme, nationalisme, et socialisme, dans un imbroglio incongru.

Ses idées, qui se comptent sur les doigts d'une main, font non seulement l'impasse sur le matérialisme historique, mais sont en plus totalement absconses: Pourquoi ne pas relire Arendt, qui formule beaucoup plus clairement ce genre d'idées et sans l'arrière-fond fasciste et pourquoi diffuser ce genre de conneries dangereuses, qui n'aident en rien la lutte à avancer?

Ces moments de contestation sont trop importants pour que nous continuions à donner la parole à de tels clowns dangereux. A ce dont se satisfait l'esprit, on peut mesurer l'ampleur de sa perte! Je n'ai fait ici que parler en mon nom. Personnellement, j'aimerais me situer à la hauteur du scandale et de l'aveu que dévoile la loi El Khomri. Cela signifie pour moi: Cette ivresse passagère refonde et renforce une identité nationale en décrépitude.

Il s'agit toujours d'une épreuve difficile où la concurrence est féroce et dont le seul but est de gagner sur les autres, la victoire à tout prix. De partout le sport est présenté comme une évidence, une activité naturelle positive.

Notre aliénation ne nous est pas perceptible. On y retrouve la hiérarchisation, la sélection de l'élite, l'obsession de la pureté, la mobilisation de masse, l'omniprésence de la propagande, la glorification de la jeunesse, le culte des forts et de la virilité, l'exaltation de l'effort, l'apologie de la souffrance, la diabolisation de la fainéantise, l'idolâtrie du surhomme, l'exacerbation des passions chauvines, nationalistes et racistes.

Le sport n'est pas un jeu, mais une activité physique fortement réglementée basée sur l'effort, le renoncement au plaisir, le travail, le rendement, la compétition, le record, le dopage et l'absolue nécessité de la victoire. Le corps du sportif mercenaire est chosifié, transformé en chair à record, en marchandise compétitive, encaserné et drogué. Cette compétitivité sportive fonctionne à l'image du système marchand. À l'image du sport, le moteur même de la survie sociale d'aujourd'hui est construit sur la guerre des uns contre les autres, seul contre tous.

La loi de la compétition est le dogme de cette société. La compétition est une nuisance sociale où l'autre devient un obstacle à supprimer, l'ennemi à vaincre, où il s'agit de gagner en fabriquant des perdants.

Quitte à tout faire pour le détruire. Dans le domaine du sport, la compétition engendre le dopage, les pots-de-vin. On a besoin des autres pour se construire.

C'est la différence de l'autre qui enrichit mon évolution dans la société en la rendant plus complexe. Ce sont les autres qui me font exister. Quand on est en compétition on ne tisse plus de liens on les détruit. Toute compétition est un suicide social, une entreprise de déconstruction où les gagnants sont les plus conformistes et les plus antisociaux, car ils détruisent ce qui nous relie les uns aux autres.

Il faut soigner son image, se montrer à son avantage, être visible et reconnu. Le pouvoir des uns sur les autres est partout. Cette compétition, guerre sans merci, isole, réduit et conditionne les comportements. Le sport est l'opium du peuple, il n'exprime que la soumission à l'ordre établi. L'exploitation du travail, sa marchandisation est une aliénation de l'activité humaine. Le temps du non-travail, c'est-à-dire celui des loisirs et de la culture de masse est le domaine de la crétinisation volontaire, de l'automutilation librement consentie.

Le sport est le pilier de cette culture qui n'en est pas une et n'est en fait que l'expression de son absence, affirmation ostentatoire de sa soumission à une conformité normalisée.

Clos sur lui-même, le stade, centre et ciment de la communauté, agrégateur de solitudes, est un espace de concentration où chacun est tout le monde.

C'est une masse en fusion, l'unité sonore d'un monde sourd à lui-même, l'assourdissement devenu réalité. Le sport c'est la mort des feignasses, l'apologie de l'effort et du sacrifice, l'adoration du travail dans le respect des règles et la servitude à l'ordre en place. Le sport n'est plus que spectacle, publicité suprême du corps marchandise, image de l'adhésion totale à la marchandisation de la vie.

La réédition de l'ouvrage classique de Constantin Sinelnikoff, paru aux éditions François Maspero en , illustre à sa manière l'étrange destin de Wilhelm Reich.

À vrai dire, il n'était pas complètement un inconnu au milieu des années Aussi bien en Allemagne où les étudiants anti-autoritaires avaient largement diffusé ses textes de combat, qu'en France même, puisque divers militants d'extrême-gauche avaient traduit l'essentiel de son oeuvre dans des éditions plus ou moins pirates 2 et popularisé les principaux thèmes de sa pensée 3.

Mais c'est surtout l'explosion libertaire de Mai 68 qui redonna à la critique reichienne de la répression sexuelle 4 une actualité pratique au sein de la jeunesse lycéenne et étudiante et dans divers mouvements contestataires qui entendaient politiser la vie quotidienne et, fait plus étonnant peut-être, au sein des différentes associations de psychanalyse. Celles-ci assistèrent en effet avec stupeur et irritation au retour du refoulé: L'histoire des années se répétait ici aussi.

La cohorte des chiens de garde du stalinisme français sonnait ainsi l'hallali théorique contre Reich dans des amalgames dignes des belles heures du jdanovisme. Placer Reich dans la foulée de l'anarchisme individualiste est entièrement justifié: Les thèses cardinales de la Psychologie de masse du fascisme, de la Révolution sexuelle, de la Fonction de l'orgasme trouvaient en effet dans la répression sexuelle, l'absolutisme bureaucratique, l'autoritarisme culturel, l'absence de démocratie, la misère psychologique de masse, la paranoïa xénophobe de ces organisations et régimes une vivante illustration contemporaine.

Reich devenait donc — comme Herbert Marcuse — un dangereux gauchiste qu'il fallait disqualifier à tout prix, y compris par la calomnie Par un effet de symétrie paradoxale, les défenseurs inconditionnels de Reich tombèrent également au cours des années et au-delà dans le même travers de travestissement politique ou de dépolitisation de son oeuvre. Refoulant largement son combat pour la politisation de la question sexuelle Sexpol , méconnaissant très souvent ses analyses pertinentes du fascisme et de la réaction religieuse, ignorant aussi que Reich s'était efforcé d'articuler la puissance contestataire, dialectique, du marxisme et de la psychanalyse et de l'appliquer à l'analyse des processus sociaux 12 , scotomisant de plus en plus sa critique des institutions bourgeoises dominantes — État, famille, école, église, armée, partis, etc.

Centrés sur l'épanouissement de soi, la résolution pacifique des conflits, l'hygiène de vie, fréquemment aussi sur une quête spirituelle, ces néo-reichiens eurent tendance à privilégier l'éducation des enfants, le retour à la nature, la psychothérapie et la conversion des individus au détriment de la transformation radicale des rapports sociaux. Celle réédition est donc précieuse pour comprendre l'ensemble de ces débats qui sont sans doute datés, mais sûrement pas dépassés, et concernent directement les questions de notre temps.

Bien qu'il n'aborde que la période européenne de l'oeuvre de Reich — celle qui concerne la politique et l'économie sexuelles, la fonction sociale de la libido génitale, l'analyse caractérielle, le freudo-marxisme, la critique de la répression sexuelle, l'analyse de la psychologie de masse du fascisme et des mouvements mystico-religieux réactionnaires —, ce livre est aujourd'hui la meilleure introduction à la lecture de textes décisifs pour celles et ceux qui n'entendent pas simplement contempler le monde mais le transformer.

De toute évidence cependant, Reich ne saurait être réduit à ces seuls aspects sociologiques, anthropologiques ou politico-sexuels et ses textes ultérieurs consacrés à la biopathie du cancer, l'énergie d'orgone, la biophysique, les phénomènes énergétiques du cosmos 14 , méritent aussi attention, même s'ils se situent dans une perspective différente que l'on pourrait qualifier de métaphysique pan-énergétique ou bio-cosmique.

Il reste pourtant que ses grandes intuitions freudo-marxistes possèdent aujourd'hui encore une réelle valeur heuristique, pour peu qu'on veuille les contextualiser correctement et confronter leurs formulations à l'évolution rapide et massive des moeurs depuis Mai Les phénomènes fascistes classiques se sont complexifiés avec les intégrismes, l'islamisme radical, les idéologies nationalistes, les mouvements populistes.

Le modèle de la famille patriarcale s'est affaibli avec le développement des familles recomposées ou monoparentales et maintenant des couples homosexuels. Les phénomènes autoritaires de contrôle des masses se sont insidieusement diversifiés avec l'industrie abrutissante du divertissement, le tourisme et l'opium du sport-spectacle.

La libéralisation des moeurs et l'émancipation des femmes ont également ébranlé de nombreux interdits sexuels, la marchandisation généralisée de la sexualité et l'omniprésence des discours sur le sexe ont même fini par banaliser une forme de consommation sexuelle. Peut-on encore dans ces conditions parler de peste émotionnelle, de répression ou de misère sexuelle? Sans aucun doute si l'on actualise deux thèses centrales de Reich: Sur la plus grande partie de la planète, la sexualité reste soumise à l'oppression religieuse et familiale et n'est que rarement admise comme source individuelle autonome de plaisir.

Dans les pays du monde capitaliste avancé, la libéralisation du sexe n'est effective que pour la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie urbaine, tandis que l'immense majorité des travailleurs des villes et des campagnes, particulièrement les femmes, continuent de subir les tabous de la morale traditionnelle. Et cette instrumentalisation du sexe est toujours concomitante des diverses exploitations, oppressions et aliénations du moment, qu'elles soient économiques, politico-idéologiques, religieuses ou culturelles.

Le message de Reich reste donc aujourd'hui encore d'une brûlante actualité: Lutter pour le droit au plaisir sexuel revient par conséquent à lutter pour l'émancipation sociale. Pour une autonomie caractérielle de l'homme, Paris, Plon, traduction de Constantin Sinelnikoff. Reich, la Lutte sexuelle des jeunes, Paris, , sans mention d'éditeur ni de traducteur.

Celle brochure avait été en fait publiée en édition pirate à Paris par EDI et traduite avec une introduction de J. Voir la Bibliographie, page Contribution à Freud, Minuit, Deux numéros de la revue Partisans, éditée par Maspero, firent date sous la direction de Fraenkel: Voir par exemple la brochure éditée par les situationnistes à Strasbourg en Psychanalyse et illusion, Tchou, , p.

On voit le niveau de la polémique Les fondements de la psychologie, Éditions sociales, , p. En déjà, dans Un discours au réel. Théorie de l'inconscient et politique de la psychanalyse, Mame, , Roudinesco avait mené une longue polémique contre Reich et la Sexpol.

En , il découvrira aussi les satellites d'Uranus Ariel et Umbriel. Triton tourne autour de Neptune en 5 jours et 21 heures sur une trajectoire quasi circulaire. Denis Ier, roi de Portugal Décédé le 7 janvier Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick, militaire prussien Décédé le 10 novembre Charles X, roi de France Décédé le 6 novembre Camille Saint-Saëns, compositeur français Décédé le 16 décembre Hermann Emil Fischer, chimiste allemand, prix Nobel de chimie en Décédé le 15 juillet Alfred Dreyfus, militaire français, victime d'une erreur judiciaire qui est à l'origine d'une crise politique majeure des débuts de la IIIe République Décédé le 12 juillet Nikolaï Boukharine, intellectuel, révolutionnaire et homme politique soviétique Décédé le 15 mars Léopold Sédar Senghor, homme d'État et homme de lettres sénégalais Décédé le 20 décembre Jacques Tati, réalisateur et acteur français Décédé le 5 novembre Guy Charmot, médecin et militaire français, compagnon de la Libération.

Danièle Delorme Gabrielle Girard, dite , actrice et productrice française Décédée le 17 octobre Edgard Pisani, haut fonctionnaire et homme politique français Décédé le 20 juin Nicole Croisille, chanteuse et actrice française.

John Lennon, chanteur et musicien britannique, membre du groupe The Beatles Décédé le 8 décembre Jackson Browne, chanteur américain. Pierre Jolivet, acteur et cinéaste français. David Cameron, homme politique britannique, membre du Parti conservateur et Premier ministre du Royaume-Uni de à Yann Barthes, journaliste français.

Sean Lennon, musicien, acteur et scénariste américain. Laure Manaudou, nageuse française. Le mardi 8 octobre , le général Napoléon Bonaparte débarque à Fréjus après une campagne désastreuse en Égypte. Les quatre bateaux avaient quitté Alexandrie le 22 août et fait un long détour pour éviter les navires britanniques. Les difficultés que rencontre le Directoire, livré alors aux intrigues et à la corruption, et l'enlisement des armées françaises en Égypte ont poussé l'ambitieux général à précipiter son retour en France.

Bonaparte a compris qu'il pouvait jouer un rôle de premier plan à Paris. C'est pourquoi, non sans cynisme, il abandonne son armée en Égypte, d'où la flotte anglaise de l'amiral Nelson l'empêche de sortir.

Il est auréolé du retentissement de ses victoires en Italie et en Égypte, victoires qu'il a su magnifier grâce à un art consommé de la propagande. Son prestige en France n'a d'ailleurs cessé de croître pendant son absence en Égypte.

Le débarquement de Fréjus sera pour ce jeune général de 30 ans ce que fut la traversée du Rubicon pour Jules César…. Le chef du bouddhisme tibétain, le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso 16 ans , prend acte de l'état de fait mais, neuf ans plus tard, il devra quitter son palais du Potala, à Lhassa ou Lhasa et s'enfuir à Dharamsala, en Inde. Le 23 mai , un traité sino-tibétain intègre officiellement le Tibet à la Chine communiste, mais prévoit le respect de la religion bouddhique et des droits du dalaï-lama.

Dans les années s'opère une profonde transformation du Tibet traditionnel, qui entre dans une phase de modernisation accélérée. Mais, en , le compromis est rompu lorsque la Chine réprime un sursaut de la résistance tibétaine, contraignant le dalaï-lama à fuir le pays pour l'Inde. L'actuelle Région autonome du Tibet, partie intégrante de la République populaire de Chine, est vaste de 1,2 million de km2, soit l'équivalent de la France et de la péninsule ibérique. Mais elle n'est peuplée que d'environ 5 millions d'habitants.

La très faible densité du Tibet s'explique par la géographie. C'est le berceau de grands fleuves Brahmapoutre et Mékong.

Les ressources se limitent à l'élevage et un peu d'agriculture dans les vallées et les dépressions. L'aire de civilisation tibétaine dépasse très largement les frontières de l'actuelle Région autonome. Elle inclut les petits royaumes himalayens du Bouthan et du Sikkim. Immortalisé par le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge est connu dans le monde entier pour son french-cancan.

Du côté de la Place Blanche, le public vient en foule découvrir ce lieu extravagant: Une folle ambiance où le spectacle se déroule aussi bien sur scène que dans la salle: Tibère II Constantin devient empereur byzantin. Pendant la Première croisade, l'armée principale des croisés arrive à Coxon Göksun , où les habitants arméniens ne se montrent pas aussi amicaux que ceux de Comana. Les croisés y restent trois jours. Découverte du Costa Rica par Christophe Colomb. Adoption du calendrier grégorien par les États pontificaux, la Pologne, le Portugal et l'Espagne.

Arrivée en Europe de la mission diplomatique japonaise conduite par Tsunenaga Hasekura. Fondation de l'Université de Kiel. Début de la discussion à l'Assemblée sur le système des impositions: Le catholicisme perd son statut de religion d'État en France.

L'insurrection royaliste est écrasée par Bonaparte, à l'église Saint-Roch. Après un long siège, les Grecs prennent Tripolitsa, dans le Péloponnèse, et massacrent la population turque, faisant au moins 8.

La ville de Calcutta en Inde est presque totalement détruite par un cyclone ; Le Kansas subit le dernier hold-up commis par la bande des frères Dalton.

Le prince Ferdinand Ier proclame l'indépendance de la Bulgarie et prend le titre de tsar de Bulgarie. L'Autriche annexe la Bosnie-Herzégovine. Proclamation de la République du Portugal, sous l'autorité de Theophilo Braga. Premier duel aérien au cours de la Première Guerre mondiale près de Reims: Le dirigeable britannique R assurant sa première liaison, entre Londres et Karachi, s'écrase en Picardie, à Allonne, près de Beauvais. Les aviateurs américains Clyde Pangborn et Hugh Herndon réussissent la première traversée sans escale du Pacifique et se posent dans l'État de Washington 41 heures après avoir décollé du Japon.

Une ordonnance confirme le droit de vote des femmes en France. La charte des Nations unies est ratifiée par 30 pays. Création du Kominform, internationale communiste. Premier discours télévisé à la Maison Blanche par le président Harry S. L'Italie, la Yougoslavie, la Grande-Bretagne et les États-Unis décident que le territoire libre de Trieste sera partagé en zones italienne et yougoslave.

Début de la Cinquième République française. Sortie du 1er disque des Beatles Love Me Do. Réunion au Caire d'une conférence des pays non-alignés, qui déclare le Congolais Moïse Tshombe persona non grata.

Première émission du Monty Python's Flying Circus. Congrès constitutif du Front national. Défaite au Chili du général Augusto Pinochet au plébiscite. Remise du Prix Nobel de la paix au Dalaï Lama. Une semaine après son coup d'État aux Comores, le mercenaire français Bob Denard et ses hommes se rendent aux soldats français.

Deux trains entrent en collision à Paddington près de Londres au Royaume-Uni. Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis subissent une nouvelle forme d'attaque, l'envoi de lettres contaminées au bacille du charbon Anthrax.

Akhmad Kadyrov est élu président de Tchétchénie. L'ancien vice-président du gouvernement de Vichy, Pierre Laval, doit s'expliquer devant la haute cour pour expliquer son rôle pendant la collaboration et son alliance avec le régime nazi. Le procès se déroule à la hâte et Laval doit souffrir les insultes des jurés. Farouche opposant de la guerre contre l'Allemagne en , Laval revient au gouvernement à la faveur de la défaite de la France en Il devient vice-président du Conseil dans le gouvernement de Vichy en juillet , et engage une collaboration active avec l'Allemagne.

Gabriel Lalemant, missionnaire français, saint de l'Église catholique, canonisé par le pape Pie XI en Décédé le 17 mars Charles Démia, ecclésiastique français, fondateur d'écoles primaires à Lyon Décédé le Louis-Auguste Brun, peintre suisse Décédé le 8 octobre John Gorrie, médecin et inventeur américain considéré comme le père de la réfrigération et du conditionnement d'air Décédé le 29 juin Eleonora Duse, actrice italienne Décédée le 21 avril Pierre Bonnard, peintre, graveur, illustrateur et sculpteur français Décédé le 23 janvier Alexandre Varenne, homme politique français.

Il est le fondateur du journal La Montagne Décédé le 16 février Louis Aragon, poète, romancier et journaliste français Décédé le 24 décembre Leo McCarey, cinéaste américain Décédé le 5 juillet François Le Lionnais, scientifique et écrivain français Décédé le 13 mars Jean Lefebvre, acteur français Décédé le 9 juillet Charles Duke, astronaute américain.

Le 16 avril , lors du vol Apollo 16, il devient le 10e et le plus jeune homme à marcher sur la lune. Jean-Paul Bonnaire, acteur français Décédé le 28 mars Neve Campbell, actrice canadienne. Ingrid Chauvin, actrice française. Lena Headey, actrice britannique. Athalaric Né en , roi des Ostrogoths. Michel II empereur byzantin Né en , empereur byzantin de à François Arago Né le 26 février , astronome, physicien et homme politique français. Ernest Renan Né le 28 février , écrivain, philosophe, philologue et historien français.

Marcel Duchamp, peintre français Né le 28 juillet Dimitri Ier de Constantinople, patriarche de Constantinople depuis Né le 8 septembre Robert Bourassa Né le 14 juillet , homme politique canadien, premier ministre du Québec , puis Otto Guensche Né le 24 septembre , adjudant d'Adolf Hitler qui avait brûlé le corps du dictateur à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les Soviétiques ne puissent s'en emparer.

Francis Borelli Né le 8 avril , homme d'affaires français. Soe Win, premier ministre birman, meurt d'une leucémie Né le 10 mai Dominique Frémy Né le 5 mai , encyclopédiste français, fondateur du Quid. Eric Arturo Delvalle Né le 2 février , président de la République du Panama de 28 septembre au 26 février Elle débute le jeudi 1er octobre La dixième armée française de Louis Ernest de Maud'huy attaque la sixième armée allemande menée par le Kronprinz Rupprecht.

L'offensive est un succès jusqu'à Douai. Mais les troupes allemandes, renforcées par trois corps d'armée, lancent une contre-offensive qui renvoie les alliés vers Arras. Ceux-ci réussissent à tenir la ville mais laissent les Allemands avancer vers le Nord. Du 4 au 6 octobre, la lutte bat son plein dans la région d'Arras. Le bombardement de celle-ci avait été minutieusement préparé. La ville subit alors de violents bombardements qui entraînent les premières destructions Hôtel de Ville et son beffroi.

À la mi-novembre, après la bataille d'Ypres, le front se stabilise. C'est là que vont se dérouler de violents combats depuis l'offensive française du printemps 2ème bataille d'Artois jusqu'à celles menées par les Allemands puis les Alliés en Depuis, 15 autres pays ont adhéré à l'OCDE.

Lothaire Ier, empereur d'Occident Né en Charles de Blois, duc de Bretagne Né en René Goupil, missionnaire jésuite français et premier martyr catholique en Amérique du Nord, l'un des 8 martyrs canadiens Né le 15 mai Rudolf Diesel, ingénieur allemand, inventeur du moteur à combustion interne portant son nom Né le 18 mars Léon Bourgeois, homme politique français Président de la Chambre des députés, Ministre d'État, Président du Conseil des ministres français et ministre de l'Intérieur Né le 21 mai Stanislas-Arthur-Xavier Touchet, cardinal français Né le 13 novembre Né le 4 septembre Jean-Louis Tixier-Vignancour, avocat et homme politique français nationaliste Né le 12 octobre Tony Curtis, acteur et producteur américain Né le 3 juin Georges Charpak, physicien français, prix Nobel de physique en Né le 8 mars L'association est issue d'un vaste mouvement de protestation en faveur des Polonais, victimes en d'une féroce répression russe.

Son objectif est de coordonner les luttes de tous les pays. C'est un intellectuel allemand, réfugié à Londres depuis l'échec des révolutions de , qui rédige les statuts de l'Association internationale des travailleurs. Il a 46 ans et s'appelle… Karl Marx. En , il est surtout connu des syndicalistes et des socialistes par un opuscule qu'il a publié en avec son riche ami Friedrich Engels: Une IVe Internationale, concurrente des précédentes, fait également son apparition à l'initiative de Trotski, en Elle sera très en vogue parmi les jeunes contestataires français de Mai La IIe Internationale est relayée en France par la SFIO Section française de l'Internationale ouvrière , issu de la fusion, le 26 avril , de différents partis socialistes, dont celui, réformiste, de Jean Jaurès et celui, marxiste, de Jules Guesde.

Ses compromissions dans les guerres coloniales, sous l'autorité de Guy Mollet, l'amènent, le 4 mai , à changer son nom pour celui de Parti socialiste.

La Journée Mondiale du Tourisme a été célébrée à partir de , à l'initiative de l'OMT organisation mondiale du tourisme. L'objectif principal fixé par l'OMT est la prise de conscience de l'importance du tourisme du point de vue social, culturel, économique et même politique. Dans de nombreuses régions du globe, le tourisme arrive en tête des activités économiques, avec ses répercussions sur l'emploi, le brassage des populations, l'ouverture au monde et la circulation de l'information La date du 27 septembre a été retenue pour marquer l'anniversaire de l'adoption des statuts de l'OMT en Théodore Géricault, peintre français.

Bryan Ferry, chanteur britannique, cofondateur du groupe Roxy Music. Lynn Anderson, chanteuse américaine de musique country. Philippe Lavil, chanteur français. Olivia Newton-John, chanteuse britannique.

Petro Porochenko, Président d'Ukraine depuis Anthony Kavanagh, humoriste canadien. Serena Williams, joueuse de tennis américaine.